Artigos Científicos
DIMENSIONS DU CAPITAL SOCIAL: UNE PROPOSITION POUR LE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL
Social Capital Dimensions: A Proposition for Territorial Development
DIMENSIONS DU CAPITAL SOCIAL: UNE PROPOSITION POUR LE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL
Rosa dos Ventos, vol. 12, n° 4, pp. 1039-1063, 2020
Universidade de Caxias do Sul
Reçu: 15 Septembre 2020
Accepté: 31 Octobre 2020
Résumé: Cette étude propose un instrument d'évaluation du capital social territorial comme une ressource collective, présente dans les relations de coopération, dans la confiance et dans la réciprocité. L'évaluation du capital social territoriale a été réalisée dans trois territoires voisins au sud du Brésil. Ces territoires ont des aspects culturels communs, même se ils ont connu différents modèles de développement. Les résultats montrent que le capital social territorial peut être analysé en fonction de quatre facteurs, dans cet ordre: la proximité, l’ancrage territorial, la réciprocité et la mémoire collective. La proximité, l'ancrage territorial sont les facteurs qui ont le plus grand pouvoir d'explication du capital social trouvé dans les territoires étudiés.
Mots clés: Capital Social, Territoire, L'évaluation, Enquête, Brésil, Capital Social, Territoire, L'évaluation, Enquête, Brésil.
Abstract: This study proposes an instrument to evaluate territorial social capital as a collective resource, found in the cooperation, trust and reciprocity relations. The evaluation of the territorial social capital was done in three neighboring areas in southern Brazil. These territories have common cultural aspects, although they have experienced different patterns of development. The results show that the territorial social capital can be analyzed according to four factors in this order: proximity, territorial anchorage, reciprocity and collective memory. The proximity and the territorial anchorage are the most powerful factors to explain social capital in these territories.
Keywords: Social Capital, Territory, Evaluation, Survey, Brazil, Social Capital, Territory, Evaluation, Survey, Brazil.
Abstract:
This study proposes an instrument to evaluate territorial social capital as a collective resource, found in the cooperation, trust and reciprocity relations. The evaluation of the territorial social capital was done in three neighboring areas in southern Brazil. These territories have common cultural aspects, although they have experienced different patterns of development. The results show that the territorial social capital can be analyzed according to four factors in this order: proximity, territorial anchorage, reciprocity and collective memory. The proximity and the territorial anchorage are the most powerful factors to explain social capital in these territories. Social Capital; Territory; Evaluation; Survey, Brazil
Keywords: Social Capital, Territory, Evaluation, Survey, Brazil, Social Capital, Territory, Evaluation, Survey, Brazil.
INTRODUCTION
Un des principaux défis des études en cours sur le développement local est lié aux processus d'endogénéisation et à la construction de nouvelles stratégies de développement. D'un côté, nous voyons le déclin des régions industrielles traditionnelles, de l'autre, nous voyons l'émergence de régions qui opèrent dans de nouveaux paradigmes industriels. Et c'est ce mouvement qui a contribué à des changements importants dans les théories du développement territorial.
Le concept de capital social, pour mesurer le potentiel de production de la richesse découlant de diverses formes d'associations collectives, permet d'explorer l'impact de la société civile sur la performance économique. Selon Skidmore (2001) Il est possible d'identifier au moins quatre mécanismes par lesquels le capital social constaté dans les réseaux sociaux stimule la croissance économique: (i) les niveaux élevés de confiance sociale et de solides normes de réciprocité, réduisent les coûts d'opération ; (ii) les réseaux sociaux diluent les risques, permettant aux membres de s'engager dans l'innovation et la hausse de prise de risque; (iii) les réseaux sociaux favorisent la propagation rapide de l'information et, par conséquent, réduisent les asymétries ; (iv ) les réseaux sociaux permettent à leurs membres de résoudre plus facilement les problèmes d'action collective.
L'analyse du capital social lié au développement des territoires, à travers la construction d'une échelle pour mesurer du capital social territorial est l'objectif principal de cette étude. Par conséquent, nous avons construit un instrument de mesure à partir d'études antérieures et d'expériences dans d'autres contextes au Brésil : l'organisation des réseaux inter-organisationnels (Genari, 2010 ; Faccin, 2010 ; Macke, Genari & Faccin, 2012) et les communautés (Milani, 2003).
Comme objet d'étude, nous avons choisi trois territoires voisins plongés dans la même culture régionale : Caminhos de Pedra, Monte Belo do Sul e Vale dos Vinhedos. Ces territoires font partie de la Serra Gaúcha, située dans l'État du Rio Grande do Sul [sud du Brésil]. Les trois territoires font partie de la plus grande région viticole du Brésil avec environ 40.000 hectares de vignes. Il s'agit de petites propriétés viticoles, peu mécanisées en raison du terrain montagneux, avec une prédominance de main d'œuvre familiale. Au cours des dernières années, la production moyenne de vins et moûts à Serra Gaúcha était d'environ 436 millions de litres par an, ce qui représente 90% de la production nationale (Ibravin, 2012).
Dans cette étude, nous proposons l'utilisation d'une l'approche méso; en d'autres termes une approche au niveau des acteurs sociaux [ni l'individu ni la société] (Bourdieu, 1986), mais la collectivité (Coleman, 1990). En ce sens, l'analyse du capital territorial apparaît comme un outil pertinent pour comprendre les processus d'action collective qui mènent à la construction de son propre territoire.
DELIMITATION DE LA RECHERCHE
En considérant la polysémie attribuée aux concepts de capital social et territoire, cette étude n'a pas pour but de discuter des fondements philosophiques de ces concept. De toute évidence, il existe d'autres perspectives d'analyse possibles, étant donné les différentes approches et la richesse de ce sujet. Cependent, cette recherche part d’un cadre teorique specifique, les choix épistémologiques, pour evaluer le capital social territorial et ses effets sur le développement territorial. Il s’agit d’une recherche exploratoire quantitative. Le cadre théorique que la soutien est basée principalement sur les études de l’Onix et Bullen (2000), sur le modèle apliquée par Macke e Sehenm (2015) et Sarate (2014).
DEVELOPPEMENT TERRITORIAL ET CAPITAL SOCIAL
Dans cette étude, le territoire est considéré comme un projet socio-économique et politique, situé géographiquement et pluriel en termes d'espaces de références culturelles et sociales. Il est également un espace pratiqué, un «lieu» dans des relations sociales fructueuses, de proximité, de voisinage, qui vont au-delà des opérations purement économiques. Il s'agit d'un espace vécu, marqué par l'histoire et la mémoire collective, par l'exercice de la réciprocité, de la coopération, du conflit et de la dialectique entre local et global (Sarate, 2014).
Nous considérons aussi le territoire comme un concept non dichotomique, il est fonctionnel, symbolique et identitaire en même temps. Selon Haesbaert (2009), c'est ce qui se passe parce que nous pratiquons l'espace pour effectuer des activités mais aussi pour produire des significations. Les ressources territoriales portent des aspects idéologiques, résultant de l'intentionnalité des acteurs et peuvent être tant matérielles [la faune, la flore, le sol, etc.], qu’immatérielles [valeurs telles que l'authenticité, l'historicité, etc.]. Ainsi, les ressources ne sont pas seulement les moyens disponibles pour certaines personnes et pouvant être transformées en richesse grâce à des processus de production. Dans ce cas, l'idée de ressources va au-delà de la propriété foncière, de la disponibilité de main-d'œuvre, du capital et des matières premières.
Ainsi, les ressources peuvent être comprises comme la capacité d'initiative et la réalisation des acteurs locaux afin de donner un nouveau sens à des ressources disponibles, qu'elles soient matérielles ou immatérielles (Gumuchian & Pecqueur, 2007). Cette nouvelle perspective pour comprendre la notion de ressource territoriale est au cœur de la compréhension de la notion de territoire comme un espace pratiqué. Les acteurs appartenant au territoire impriment leur intentionnalité sur les ressources préexistantes. Ainsi, les ressources sont transformées, en acquérant un nouveau sens qui peut bénéficier au développement du territoire. Nous pouvons alors comprendre qu'il y ait un «potentiel» dans les ressources disponibles sur le territoire (Gumuchian & Pecqueur, 2007). Selon Bertacchini (2012), chaque territoire a des différents niveaux de ressources qui peuvent devenir des actifs territoriaux selon la capacité des acteurs locaux pour les identifier et les utiliser dans la formulation des stratégies territoriales.
La compréhension du développement du point de vue du territoire, suppose l'adoption d'une perspective critique dans le traitement de la relation entre l'espace et le sujet. Les aspects méso [économiques, sociales e politiques] de la construction de l'espace [construction collective du territoire] deviennent pertinents et non plus seulement l'analyse de l'individu ou de l'ensemble (Pecqueur, 2009). La compréhension de ces aspects conduit cette recherche à la compréhension du « territoire » comme un « espace pratiqué », et à celle de l'action sur l'espace qui se produit au fil du temps. Il y a donc une dynamique, une pratique, une action particulière de chaque territoire, délimitée par leur vie quotidienne, comme l'a déclaré Santos (1999). Par conséquent, la recherche des aspects méso concerne a la compréhension du territoire à partir des constructions collectives intermédiaires, compte tenu la complexité des variables qui compose le territoire.
L'approche adoptée pour cette étude considère le développement comme un résultat des interactions sociales - qui, à leur tour, favorisent la maturation des institutions locales (Muls, 2008 ; Silva, Silva & Silva, 2017) - tout en reconnaissant les éléments socio-historiques enracinés dans une région particulière. Le développement incorpore des éléments institutionnels comme facteurs explicatifs de la performance économique, le territoire devient le principal agent à tirer profit de ce développement - non seulement économique, mais aussi, social et, par conséquent local. Le territoire devient alors l'objet d'une action collective.
Dans cette perspective, le processus de développement peut être analysé à partir de la relation entre l'hétéronomie et, par conséquent de l'autonomie (Pecqueur, 2009; 2001). La pression hétéronome - la force de l'économie mondiale - imposée sur les territoires quoi et comment ils doivent produire et commercialiser leurs produits. Cette uniformité et la hiérarchie des espaces produisent une réaction non contrôlée, qui peut être comprise comme «la capacité des acteurs qui vivent dans ce territoire à détourner le mouvement imposé par la pression hétéronome et les réorienter positivement à la création consciente de la valeur ajoutée (particularités) localement» (Muls, 2008, p. 10). Ainsi, le territoire cesse d'être considéré d'une manière passive.
Cette approche permet au territoire de comprendre les « effets de proximité» qui favorisent le renforcement du capital social : la proximité géographique, la proximité organisationnelle et la proximité institutionnelle. La proximité géographique est marquée par la matérialité de l'espace, c'est la proximité spatiale. Dans la proximité organisationnelle, les acteurs appartiennent au même espace de relations [les réseaux et les entreprises]. Alors que la proximité institutionnelle apparaît lorsque les acteurs se ressemblent ou ont le même espace de référence et partagent les mêmes connaissances et valeurs (Gilly & Pecqueur, 1995; Leite, 2004).
La littérature sur le capital social soutient, de manière générale, que les variables économiques sont insuffisantes pour produire le développement social, équitable et durable. Ainsi, en plus de la signification économique, le capital social à long terme a été utilisé dans différents domaines. Dans l'évaluation des projets de développement, à partir des années 1990, la Banque Mondiale a distingué quatre formes de capital : (i) le capital naturel, qui représente les ressources naturelles d'un lieu ; (ii) le capital financier, exprimé dans les infrastructures, les biens d'équipement et le capital l'immobilier ; (iii) le capital humain, défini par les degrés de santé, d'éducation et de nutrition ; (iv) le capital social, qui exprime la capacité d'une société à établir des liens de confiance interpersonnelle et, par conséquent, renvoie à des réseaux de coopération dans le but de produire des biens collectifs (Araujo, 2003) .
La croissance économique ne produit pas nécessairement de développement local. De même que, la relation entre les variables économiques et le degré de développement local n'est pas direct. Le développement local implique des facteurs sociaux, culturels et politiques qui ne sont pas exclusivement régis par le système de marché. La croissance économique est indubitablement un élément essentiel pour le développement, cependant, elle ne suffit pas.
Le développement local est marqué par le contexte dans lequel il se trouve et peut être considéré comme «l'ensemble des activités culturelles, économiques, politiques et sociales - du point de vue inter-sectorielle et inter-échelle - qui participent à une transformation consciente de la conception de la section locale» (Milani, 2003, p.1). Il s'agit d'un processus organique, par conséquent, non standard, car il implique le comportement et les valeurs locales.
Le territoire comprend un environnement éco-socioterriotorial, où les ressources de capital social disponibles peuvent conduire à la [re]construction des multiples dimensions du développement - social, politique, environnemental, culturel, technologique et institutionnel (Silveira, Bocayuva & Zapata, 2001 ; Pellin, Alcantâra & Gonçalves, 2016 ; Maruizzo, 2017 ; Bernardino, Santos & Fagundes, 2017). Par conséquent, il est fondamental de considérer le développement local comme un projet qui va au-delà du marché et en raison des relations de conflit, la concurrence, la coopération et la réciprocité entre les acteurs, les intérêts et les projets de développement social, politique et culturel (Milani, 2003).
Dans cette perspective, le développement local nécessite un nouveau paradigme du développement humain, qui est axé sur les résultats dans quatre dimensions : (i) la dimension économique - le résultat des actions telles que la capacité à articuler les facteurs de production endogènes générant des opportunités d'emplois et de revenus, le renforcement des chaînes d'approvisionnement locales et l'intégration des réseaux des petites entreprises ; (ii) la dimension socioculturelle - recherche d'une plus grande équité sociale par une plus grande participation des citoyens dans les structures de pouvoir ; (iii) la dimension politico-institutionnelle - les politiques de construction négociées entre le gouvernement, le marché et la société civile, en encourageant la transformation de l'économie et la reprise de la citoyenneté; et enfin, (iv) la dimension environnementale - où l'environnement est considéré comme un actif pour le développement, basé sur le principe de la durabilité de l'environnement (Silveira, Bocayuva & Zapata, 2001).
Cependant, nous pourrions nous demander : comment défendre le développement local, lorsqu'on voit que la société est de plus en plus sous les effets de la mondialisation de l'économie et des marchés? Comment les questions macro peuvent-elles limiter ou pire, paralyser les initiatives de développement local ? Dans quelle mesure peut-on alors parler de développement local ? S'agit-il d'une évolution des conditions mondiales, indépendantes du local?
Si, d'une part, les transformations socio-productives déterritorialisent les entreprises et les emplois, déstructurent les vieux modèles de contrats, fragmentent les territoires et précarisent les relations de travail (Silveira, Bocayuva & Zapata, 2001) ; d'autre part, de nouveaux moyens de coopération et de clusters sont nés, dans lesquels nous soulignons des éléments tels que la flexibilité et la confiance.
Dans ce contexte, le potentiel des micro et petites entreprises dans la création de nouvelles sources d'emplois et de revenus a pris de l'importance dans la construction d'un autre modèle de développement. Ce nouveau standard est soutenu par ‘le local’, comme un espace de reconstruction des identités et des relations, il peut être défini comme «un champ de réponses nécessaires et indispensables» (Silveira, Bocayuva & Zapata, 2001, p. 26) au défi de bâtir une communauté plus forte.
Dans la théorie du capital social il y a une typologie largement acceptée qui propose l'analyse du capital social en trois dimensions: structurelle, relationnelle et cognitive (Nahapiet & Ghoshal, 1998). Si nous analysons la question de la proximité, il est possible d'établir des parallèles très importants. La dimension structurelle du capital social prend en compte : la présence ou l'absence de liens entre les acteurs, la configuration du réseau ou de la morphologie - pour décrire les schémas de connexions, grâce à des variables telles que la densité, la connectivité et la hiérarchie - et l'intentionnalité du réseau - à savoir s'il a été créé dans un but et est utilisé dans un autre (Coleman, 1990). Ces éléments sont rien de plus que le concept de la proximité spatiale de l'établissement, à savoir la proximité géographique.
La dimension relationnelle décrit le type de relations personnelles, développées à travers une histoire d'interactions (Granovetter, 1992). Ce concept met l'accent sur les aspects qui influencent le comportement, tels que le respect et l'amitié, qui détermineront la sociabilité, l'acceptation et le prestige. Deux acteurs peuvent occuper des postes similaires dans un réseau, mais si leurs attitudes personnelles et émotionnelles varient, leurs actions seront différents de plusieurs façons - il y a donc une composante comportementale, qui se révèle à travers des facettes telles que la confiance et la méfiance (Putnam, Leonardi & Nanetti, 1993), les normes et les sanctions (Coleman, 1990 ; Putnam et al., 1993), les obligations et les attentes (Coleman, 1990; Granovetter, 1992) et l'identité et l'identification (Merton, 1968). De même, nous pouvons établir un lien entre ces éléments et le concept de proximité organisationnelle.
La distinction entre les dimensions structurelles et relationnelles est basée sur les travaux de Granovetter (1992). La question structurelle concerne le système social et le réseau de relations dans leur ensemble. «Le terme décrit la configuration impersonnelle des liens entre les personnes ou les unités. (...) fait référence aux divers modes de connexions entre les acteurs» (Nahapiet & Ghoshal 1998, p.244).
Et enfin, la dimension cognitive se réfère à des ressources qui émanent de visions partagées, d'interprétations et de systèmes de signification, en particulier les codes et narrations partagés. Les codes organisent les données en catégories de perceptions sensorielles et fournissent un outil de référence dans l'observation et l'interprétation de notre environnement. Le langage partagé prévoit également un cadre conceptuel commun pour évaluer les avantages de l'échange et la combinaison des ressources. Enfin, le langage partagé renforce la capacité des ressources combinées, étant à la fois un moyen, et un but, dans le développement de nouveaux concepts et de formes narratives (Nahapiet & Ghoshal, 1998).
Les éléments de la dimension cognitive du capital social sont les mêmes que la proximité institutionnelle. La proximité institutionnelle est particulièrement importante pour la cohésion sociale, en ce qu'elle est fondée sur la «logique de l'action collective fondée sur des conventions et des institutions locales créées, adaptées et / ou partagées par les acteurs» (Gilly & Pecqueur, 1995, p 307).
Selon Nahapiet et Ghoshal (1998, p. 243) «le capital social est la somme des ressources actuelles et potentielles impliquées, évaluées et provenant de réseaux sociaux prises par une unité individuelle ou sociale ». Dans ce sens, la définition du capital social de Nahapiet et Ghoshal (1998) semble se rapprocher de celle de Bourdieu (2003a, 2003b), pour inclure à la fois le réseau et les actifs qui peuvent être mobilisés à travers ce réseau. Toutefois, la définition du capital social de Bourdieu (2003a, 2003b) diffère de la notion de Putnam (1996). Bourdieu (2003a) utilise, au-delà de la définition de « capital social », la définition de « capital » qui peut apparaître sous différentes formes, telles que le capital symbolique ou de capital économique. Cependant, pour Bourdieu (2003a) le capital est toujours lié à la position d'un acteur dans l'espace social, car ce capital influe sur l'action, qui, à son tour, détermine la position de l'acteur dans le champ. Le concept de capital social par Bourdieu (2003a) - illustré à la Figure 1 - est un mode entraînée par des conditions objectives au fil du temps, ce qui permet aux acteurs de légitimer leurs positions dans leurs domaines respectifs (Bourdieu, 2003a).
Selon Putnam (2002), le capital social est un attribut du tissu social, qui est habituellement un bien public, contrairement au capital conventionnel, qui est habituellement un bien privé. Dans cette définition, dire qu'une personne dans la même communauté a plus de capital que les autres, comme l'indique la définition de Bourdieu (2003a, 2003b), semble ne faire aucun sens.
Pour approfondir le concept de capital territorial, il est nécessaire de souligner la distinction entre la communauté et la société. Une communauté peut renforcer l'apparition de réseaux de relations basées sur la confiance, la réciprocité et les normes, beaucoup plus facilement que dans la société, où les relations sont plus formalisées et impersonnelles. Dans les relations très formelles et impersonnelles, les gens ne dépendent pas tellement les uns des autres (en tant que communauté) et, donc, ont moins d'obligations morales (Putnam et al., 1993). Par conséquent, il y a moins d'initiatives de coopération, un fait qui rend difficile de favoriser le capital social.
En abordant les stratégies de développement territorial, Pecqueur (2009) identifie trois caractéristiques essentielles à la compréhension des processus de construction des territoires:
(A) la société et la communauté sont en équilibre. La caractéristique principale est l'autonomie de l'économie de la politique et, plus généralement, le fonctionnement de la société elle-même, ce qui fait ressortir le concept de l'ancrage[i] territorial ;
(B) l'historicité (mémoire collective), à savoir la construction sociale d'un capital cognitif collectif et la capacité d'apprentissage des acteurs impliqués sur le territoire ;
(C) la réciprocité, qui permet de déterminer une relation entre agents dans laquelle dans lequel ils sont reconnus par le fait qu'ils ont une vie au-delà du niveau des transactions purement commerciales.
Ainsi, nous voyons que les caractéristiques mentionnées par Pecqueur (2009) peuvent être reliées avec les idées défendues par Putnam et al., (1993) et Coleman (1990). Les caractéristiques du modèle de production territoriale conduit à l'établissement d'une nouvelle relation local / global, autour de laquelle s'articule, de manière complexe, l'ancrage territorial et la non-spatialité de production. En d'autres termes, le territoire devient une coordination centrale entre les parties prenantes à la résolution de problèmes productifs inédits (Pecqueur, 2009), qui peut être obtenue en mobilisant le capital social existant.
En bref, il est attribué une importance croissante à l'existence d'acteurs locaux qui ont la capacité d'activer et de mettre à jour le capital social territorial, à savoir les ressources liées aux territoires, à travers la conversion de ceux qui sont génériques, en particulier. Les ressources spécifiques, en ayant un caractère unique et différencié, sont difficilement transposables ou transférables ; devenant ainsi comme une clé explicative de la compétitivité et du développement territorial (Callois, 2006).
CONTEXTE DE LA RECHERCHE : TROIS TERRITOIRES VOISINS
Trois territoires voisins, immergés dans la même culture régionale, ont été définis en tant qu'objet d'étude: Caminhos de Pedra, Monte Belo do Sul et Vale dos Vinhedos. Ces territoires font partie de la Serra Gaúcha, située dans l'État du Rio Grande do Sul [sud du Brésil]. Il s'agit d'une région composée par les descendants d'immigrés italiens arrivés au Brésil entre 1875 et 1930. Les trois territoires font partie de la plus grande région viticole du Brésil avec environ 40.000 hectares de vignes. Il s'agit de petites propriétés viticoles, peu mécanisées en raison du terrain montagneux, où il y a une prédominance de main d'œuvre familiale. Au cours des dernières années, la production moyenne de vins et moûts à Serra Gaúcha était d'environ 436 millions de litres / an, ce qui représente 90% de la production nationale (Ibravin, 2012).
Caminhos de Pedra - Dans la route Caminhos de Pedra il y a 7 kilomètres de route, passant par 28 maisons de bois et de pierre. Plusieurs d'entre elles ont été restaurées et transformées en ce qu'elles étaient quand elles ont été construites à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. La Maison Bertarello et la Cantina Strapazzon, respectivement érigées autour de 1877 et 1880, sont des exemples typiques. Par la suite, on a lancé la route de tourisme rural et culturel, qui a déclenché de nouvelles possibilités d'utilisation du patrimoine historique et architectural, et l'amélioration de la culture régionale exprimée à travers la cuisine, la langue (le dialecte vénitien, connu sous le nom Talian), le mode de vie, les coutumes typiques de cette région essentiellement formée par des immigrants italiens et leurs descendants (Michelin, 2008).
Initialement les agriculteurs étaient sceptiques. Les rares personnes qui ont cru à la stratégie, ont appeler à soutenir la destruction des vieilles maisons en pierre pour la construction de nouvelles installation. Toutefois, les efforts successifs ont mobilisés les premiers producteurs pour préserver les caractéristiques locales et lancer l'activité, comme un exemple pour les voisins. A partir de ce moment, l’hôtel Dall'Onder avec Associação de Turismo da Serra Nordeste [Atuaserra] ont commencé à fonctionner comme points d'ancrage du plan, à travers le financement et le soutien, car le gouvernement n'a pas été impliqué dans la phase initiale du projet. La production des agriculteurs, comme de pains, de vins, de fleurs, entre autres a été absorbée par l'hôtel, afin de permettre à la première étape de chaque projet (Marques, Macke & Santos, 2008).
La création de l'Association Caminhos de Pedra signifie l'autonomie des agriculteurs qui ont besoin de s'adapter à l'esprit de coopération requis par l'entité. Les agriculteurs seront responsables de la viabilité de nouvelles entreprises, et les décisions sont maintenant prises par un groupe aux intérêts divers. Ainsi, l'Association des résidents des chemins de pierre effectue le travail des partenaires de la communauté locale et contribue à l'établissement de liens, qui peuvent augmenter la productivité en réduisant, par exemple, les coûts liés à la création d'entreprises ou en permettant la mise en accord des individus.
Monte Belo do Sul - La principale activité économique de la commune est l'agriculture (qui représente 95% de l'économie), avec 75% de la production agricole réservée à la vigne. La viticulture est tellement importante et présente dans la vie des habitants de Monte Belo do Sul que le slogan de la ville est « Il mondo belo delle vigne », c'est à dire, « Le beau monde du vin ». Monte Belo do Sul est le plus grand producteur de raisins pour la production de pétillant de l'Amérique latine [la plus grande ville productrice de vin par habitant au Brésil] (Razador, 2005; Aprobelo, 2014).
Même si il ya une participation représentative de vins fins dans la production totale des vins de Monte Belo do Sul, le système de production prédominant est encore le traditionnel treillis, dirigé a l'élaboration de vin de table. Par conséquent, afin d'améliorer la qualité du vin, depuis 2003, un groupe de onze caves locales s'est réuni pour former une association des producteurs de Vins de Monte Belo do Sul [Associação dos Produtores de Vinhos Finos de Monte Belo do Sul – Aprobelo]. Cette association a lancé un processus de conversion progressive des vignes destinées à la production de vins de qualité et pour chaque nouvelle plantation de vignes, ils emploient le treillage et epsilon, offrant ainsi une meilleure répartition de la végétation, des petites productions, de l'obtention de raisins sains avec une meilleure maturation, et aboutissant à la production d'un vin de qualité supérieure (Tonietto, Guerra, Mandelli et. al., 2005).
Vale dos Vinhedos - Actuellement, le territoire du Vale dos Vinhedos, situé entre les villes de Bento Gonçalves, Monte Belo do Sul et Garibaldi, est une référence dans la viticulture et dans la production de vin. La ville de Bento Gonçalves porte le titre de « capitale brésilienne du raisin et du vin », et selon les données du registre, elle a la plus grande superficie de vignes de l'état avec 5.920,36 hectares. En outre, la région est devenue un pôle touristique, recevant environ 120.000 visiteurs chaque année (Aprovale, 2014). La création de l'association des producteurs de grands vins, Associação de Produtores de Vinhos Finos do Vale dos Vinhedos [Aprovale], a été une étape importante pour le développement du territoire. Cette association a été fondée en 1995 pour répondre aux exigences légales pour l'obtention de indication géographique pour les vins produits dans la région (Aprovale, 2014).
Actuellement, Aprovale dispose de 31 établissements vinicoles et 28 membres associés tels que les hôtels, auberges, restaurants, artisanat et autres produits laitiers. En 2011, les caves associées à Aprovale ont produit 6,9 millions de litres de vins et pétillants, avec seulement 5% de ce volume destiné à l'exportation (Aprovale, 2014). Il faut également noter que la Vale dos Vinhedos est la première région du Brésil à obtenir l'indication de l'origine de leurs produits, affichant le sceau de contrôle pour le vin et le vin mousseux depuis 2002. Cette distinction est atteinte lorsque les producteurs, commerçants et consommateurs, montrent que certains produits provenant de certains endroits ont des qualités particulières attribuables à cette origine géographique (Lima, Giesbrecht, & Lima, 2007).
METHODE DE LA RECHERCHE
Pour la mesure du capital social dans les trois territoires, nous avons utilisé la technique de recherche par sondage [survey], à travers une questionnaire auto-administré, appliquées à un échantillon de la population (Hair, Bbin, Money & Samouel, 2005). Les données ont été soumises à un traitement quantitatif, qui est utilisé pour mesurer la relation entre les variables au moyen de techniques statistiques pour effectuer le traitement des informations. Après de l'élaboration du cadre théorique, basée principalement sur l'étude de l'Onyx et Bullen (2000) et le modèle appliqué par Macke et Sehnem (2015), l'instrument de collecte de données- qui se compose d'un questionnaire divisé en deux parties - a été construit. La première partie contient les variables qui permettent de comprendre l'inférence sur le capital social territorial des répondants en ce qui concerne le territoire. La seconde est constituée d'un ensemble de questions d'informations générales sur le répondant.
Le premier groupe est composé de 23 variables et a été présenté aux répondants sous la forme de déclarations, laissant les répondants effectuer un jugement sur le degré d'accord ou de désaccord pour chaque question. Nous avons utilisé une échelle de Likert de cinq points (où 5 = entièrement d'accord, 4 = partiellement d'accord, 3 = ni en accord ni en désaccord, 2 = partiellement en désaccord, 1 = fortement en désaccord). La dernière variable dans ce bloc est une déclaration sur la perception générale de la réponse, qui sert à résumer l'indicateur (analyse de régression variable dépendante).
Le deuxième bloc contient 14 questions, qui traitent sur : la résidence (lieu, période d'installation, perspectives), le travail (lieu, catégorie socioprofessionnelle, temps passé dans l'entreprise, revenu), le genre, l'âge, le statut marital, le nombre d'enfants, et le niveau d'éducation. Le pré-test (Malhotra, 2007) a été réalisé avec 20 répondants au questionnaire et après l'application, dans une entrevue, pour vérifier les éventuels malentendus. Ainsi, de petits changements dans les variables ont été établis pour faciliter la compréhension.
Pour calculer la taille de l'échantillon, nous avons utilisé la technique de l'échantillonnage aléatoire simple, en considérant une population de 4.692 habitants dans les trois territoires étudiés. Pour un niveau de confiance de 95% et une erreur d'échantillonnage de 5%, la taille de l'échantillon a abouti à 369. Ensuite, 400 questionnaires ont été distribués, dont 206 questionnaires valides retournés (équivalent à 7% d'erreur d'échantillonnage).
L'analyse des données a été réalisée en utilisant les techniques suivantes : analyse factorielle, analyse de régression et analyse de la variance. Les résultats ont été analysés par le croisement des données en utilisant SPSS (Statistical Package for Social Sciences), dans la version 17.0. L'analyse factorielle est la technique utilisée pour synthétiser l'information à partir d'un grand nombre de variables vers un plus petit nombre de variables et de facteurs (Hair et al., 2005). L'analyse de régression est une des techniques d'analyse de données la plus couramment utilisée pour mesurer une relation linéaire entre deux variables ou plus, ainsi que l'intensité de cette relation. Cette analyse se caractérise comme une «procédure statistique pour analyser les relations associatives entre une variable dépendante et une ou plusieurs variables indépendantes métriques» (Malhotra, 2007, p. 459). L'analyse du test de variance (Anova) est effectuée pour évaluer les différences statistiques entre les moyennes de deux groupes ou plus (Hair et al., 2005).
L’EVALUATION DU CAPITAL SOCIAL DANS TROIS TERRITOIRES BRESILIENS
Dans cette section, nous présentons l'analyse descriptive, l'analyse factorielle, l'analyse de variance et la régression linéaire. Les réponses de 206 enquêtés soumises à l'analyse descriptive produisent des moyennes comprises entre 2,158 et 4,356, avec des déviations standards de 0,906 à 1,836. Certaines caractéristiques de l'échantillon sélectionnées pour la recherche:
a) 49% sont classés comme ‘travailleur-habitant’ (Sarate, 2012), c'est-à-dire, les répondants qui travaillent et vivent sur le même territoire. Parmi les travailleurs-habitants, 23% sont dans Vale dos Vinhedos, 15% dans Caminhos de Pedra et 11%, dans Monte Belo do Sul ;
b) 28% des répondants affirment que leurs grands-parents ou leurs parents ont immigré ou migré vers ces endroits,
c) 79,7% envisagent de continuer à vivre dans le territoire, compte tenu d'un horizon de cinq ans ;
d) 61,1% travaillent depuis moins de cinq ans dans l'entreprise / association ;
e) 66,8% ont une rémunération personnelle inférieure à R $ 1.500,00 [environ € 580];
f) 66,5% de l'échantillon est formé par des femmes;
g) 40,3% vivent depuis plus de 20 ans sur le site;
h) 53,7% sont mariés;
i) 43,9% ont des enfants;
j) 31,2% travaillent avec leurs familles;
k) 52,2% ont été scolarisés au lycée;
l) 48,5% ont moins de 30 ans.
L'alpha de Cronbach [avec 23 questions de recherche] a abouti à 0,829, ce qui indique une excellente cohérence interne des variables (Pestana & Gageiro, 2005). En outre, nous avons obtenu quelques cas de réponses manquantes [missing values]. Les réponses ont été soumises à une analyse factorielle PCA [Principal Component Analysis], avec rotation varimax et un traitement pairwise [considérer toutes les observations valides pour chaque variable] pour les données manquantes. L'indice Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) de l'adéquation de l'échantillonnage était de 0,837 et le test de sphéricité de Bartlett - Bartlett's Test of Sphericity – [moyenne 0,001] indique que les données sont factoriables.
La solution définitive de l'analyse factorielle a donné lieu à quatre facteurs, et le pourcentage de la variance expliquée atteint 54,52%, ce qui signifie que les variables choisies et les facteurs qui en résultent peuvent expliquer 54% du stock du capital social territorial dans des sites d'études. Pour les recherches sociales appliquées, ce pourcentage est considéré comme un bon résultat ; on peut citer, par exemple, l'étude classique sur le capital social dans les communautés australiennes, développé par Onyx et Bullen (2000), dont l'analyse factorielle explique 49,3% de variance et est devenu une référence dans la mesure du capital social).
Afin de vérifier la cohérence des variables, les alpha de Cronbanch ont été calculés pour chaque facteur. La valeur de l'alpha considérée comme idéale pour la recherche exploratoire en sciences sociales devrait être supérieure à 0,6 (Malhotra, 2007). Compte tenu de l'ensemble de l'instrument, l'alpha de Cronbach est de 0,833. Les facteurs trouvés, ainsi que ses éléments, les charges, les moyennes, les déviations standards et les alphas de Cronbanch sont présentés au Tableau 1.Seul le quatrième facteur a eu un alpha de 0,567, qui est considéré comme faible. Néanmoins, le facteur a été maintenu, son retrait n'a pas été recommandé en raison de la réduction significative de la variance expliquée et même de l'indice KMO.
| FACTEUR | ALPHA DE CRONBACH | PERFORMANCE DU FACTEUR |
| Proximité | 0,813 | 0,794 |
| Ancrage Territorial | 0,714 | 0,584 |
| Réciprocité | 0,653 | 0,670 |
| Mémoire Collective | 0,567 | 0,592 |
Parmi les facteurs trouvés, trois d'entre eux ont déjà été mentionnés dans la littérature (Pecqueur, 2009) comme éléments centraux de la planification des processus de construction. Avec l'analyse des groupes et l'utilisation de la littérature, nous constatons la présence de ces éléments. Dans la typologie créée par Pecqueur (2009), il manque un concept (facteur 1 dans cette étude), qui nous relie à la notion de proximité. Ainsi, le premier facteur qui a été trouvé est la proximité, présentant un alpha de 0,813, ce qui est très bon (Pestana & Gageiro, 2005). Les variables qui composent ce facteur concernent la participation à des associations et des organisations, la pratique du bénévolat, la participation à des festivals et des célébrations dans la communauté. On peut remarquer que ces variables ont en commun des situations qui assurent la connexion entre les gens et les groupes (Cormier, Aerts, Ledoux, & Magnan, 2009), que ce soit en partageant des objectifs communs [associations / entités], en diminuant les distances de pouvoir [faire du travail bénévole], ou dans la proximité des personnes du même groupe [dans les fêtes et célébrations].
En se tournant vers la littérature, nous voyons que cette proximité implique un mouvement, une dynamique de réduction des distances ; une oscillation dynamique, car la proximité n'est pas un ‘état’ mais une ‘tension’. (Lefebvre, 2004). D'une certaine manière, la question de la proximité peut aussi être comprise par l'analyse des types de capital social (bonding, bridging et linking) (Callois, 2006). Une différence significative entre les types bonding et bridging, par exemple, indique une distance entre des groupes hétérogènes, et par conséquent, un manque de proximité - de la même façon que la faible présence de linking indique l'existence de relations de pouvoir asymétriques.
Le fait de ‘participer à des associations et entités’ permet la construction d'espaces de discussion des problèmes communs, l'échange d'informations et d'expériences pratiques, facilitée par la proximité territoriale. Ces ‘espaces’ constituent des éléments décisifs pour l'émergence d'innovations et la construction du sentiment d'habiter. Le deuxième facteur, montre un ensemble de variables illustrant le sens de la vie sur le territoire pour la communauté. Quand il y a une valeur sociale du territoire et de ses ressources, et lorsque les acteurs investissent collectivement et croient au développement du territoire, on peut observer l'ancrage territorial.
Le fait que les résidents traitent bien ceux qui viennent de l'extérieur montre une prédisposition à accepter le ‘différent’, ce qui indique un certain degré d'ouverture des territoires [rappelez-vous que 51 % des répondants sont des résidents, tandis que 49 % ne le sont pas]. La coexistence entre les riches et les pauvres suggère que, malgré les différences économiques, il y a un effort d’ horizontalisation les relations [pour rappel : 70% de l'échantillon reçoit jusqu'à 580 euros].
Le fait de se sentir fier de travailler sur le territoire est la variable la plus performante [en moyenne] de toute l'analyse. Même ceux qui ne vivent pas dans la région, s'y sentent ‘enracinés’ en raison du lien avec le travail. Penser aux personnes en qui vous avez confiance est l'un des principaux aspects de la présence du capital social. La confiance permet la mise en place de systèmes informels de règles, ce qui facilite la coordination des ressources régionales, de manière à renforcer l'ancrage territorial. Enfin, « croire que le territoire est un lieu de l'avenir », résume la conviction qu'il vaut la peine d'investir dedans, c'est-à-dire, qu'il y a une poignée d'individus et de groupes qui ont des projets d'avenir pour le territoire.
Le troisième facteur est les relations réciproques que l'on trouve lorsqu'on se sent obligé de retourner une faveur ou lorsqu'on voit l'application de règles de gêne sociale, clairement définies pour ceux qui ne coopèrent pas ou contreviennent à une norme (Putnam et al., 1993).
Donc, compter sur l'aide des voisins pour des décisions importantes, c'est reconnaître l'aide des autres [être contraint socialement à la rembourser] et considérer que le territoire est un lieu d'échanges [aide mutuelle], sont révélateurs de réciprocité. En effet, dans la littérature, les normes de réciprocité et les systèmes de participation sont considérés comme les principaux indices de la présence du capital social.
Enfin, le quatrième facteur est appelé mémoire collective, en particulier pour les variables qui montrent les efforts des familles pour que leurs enfants et petits-enfants suivent les coutumes et sachent l'histoire de la région. Les deux autres variables – considérer les collègues comme des amis et faire des repas avec la famille - elles semblent, à première vue, avoir rien en commun avec la première variable. Mais quand on regarde la différence entre les réponses des travailleurs-habitants (Sarate, 2012) et ceux qui travaillent mais qui ne vivent pas sur le territoire, nous nous rendons compte que, dans toutes les variables, les travailleurs-habitants ont une meilleure performance, c'est-à-dire, que la catégorie « travail » semble être le lien entre les variables. Si je travaille dans le territoire où je vis, j'ai davantage la possibilité de réunir ma famille pour les repas, et de travailler dans celle-ci, ce qui peut faciliter la transmission des valeurs et des coutumes et donc d'augmenter la mémoire collective du territoire en renforçant les histoires des familles qui l'habitent [et le construisent].
En effet, le territoire est «un lieu commun dans la vie quotidienne, le créateur des racines et des liens d'appartenance et de symboles. C'est grâce à la connaissance de ces symboles, que nous pouvons restaurer toute la richesse des valeurs qui donnent un sens aux lieux et aux territoires de vie» (Ribeiro, 2009, p. 26). Visant à identifier les différences statistiques entre les moyennes de deux ou plusieurs groupes, et d'explorer des explications possibles des réponses en ce qui concerne le degré de capital social territorial, l'analyse de variance avec test de Scheffe ont été réalisées [Tableau 2]. Des tests de Scheffe impliquent une évaluation simultanée des estimations de l'intervalle de sécurité de différences entre les moyennes (Hair et al., 2005).
| Facteur | Variable | Sig. | Effet |
| Proximité | Territoire | 0,000 | Les résidents a Monte Belo do Sul ont plus de proximité |
| Durée de résidence | 0,000 | La proximité augmente avec la durée de résidence | |
| Lien avec le territoire | 0,000 | Le degré de proximité est plus grand pour ceux qui avaient des grands-parents qui ont immigré ou émigré | |
| Expectative | 0,032 | Le degré de proximité est plus grand pour ceux qui espèrent continuer à vivre dans le territoire au cours des 5 prochaines années. | |
| Lieu de travail | 0,001 | Le degré de proximité est plus grand chez les travailleurs de Belo Monte Sul et le plus bas dans Vale dos Vinhedos. | |
| Moins d’ancienneté | 0,000 | Le degré de proximité augmente avec l’ancienneté | |
| Travaille en famille | 0,000 | Qui travaille avec la famille a plus de proximité | |
| L’age | 0,000 | Le degré de proximité augmente avec l'âge | |
| L’état civil | 0,030 | La proximité est moindre chez les personnes célibataires | |
| Avoir des fils | 0,001 | Le degré de proximité est plus grand pour ceux qui ont des fils | |
| Le travailleur-habitant | 0,000 | Le travailleur-habitant a le plus haut degré de proximité | |
| Ancrage territorial | Territoire | 0,007 | Les résidents de le Vale dos Vinhedos ont moins ancrage territorial |
| Durée de résidence | 0,001 | L’ ancrage territorial augmente avec la durée de résidence | |
| Lien avec le territoire | 0,001 | Le degré de l’ancrage territorial est plus grand pour ceux qui avaient des grands-parents qui ont immigré ou émigré | |
| Expectative | 0,007 | Le degré de l’ancrage territorial est plus grand pour ceux qui espèrent continuer à vivre dans le territoire au cours des 5 prochaines années. | |
| Lieu de travail | 0,001 | Le degré de proximité est plus grand chez les travailleurs de Belo Monte Sul et le plus bas dans Vale dos Vinhedos. | |
| Moins d’ancienneté | 0,002 | Le degré de ancrage territorial augmente avec l’ancienneté | |
| Travaille en famille | 0,030 | Qui travaille avec la famille a plus de ancrage territorial | |
| Le travailleur-habitant | 0,002 | Le travailleur-habitant a le plus haut degré de ancrage territorial | |
| Réciprocité | Lien avec le territoire | 0,042 | Le degré de proximité est plus grand pour ceux qui avaient des grands-parents qui ont immigré ou émigré |
| Avoir des fils | 0,019 | Le degré de rediprocité est plus grand pour ceux qui ont des fils | |
| Le travailleur-habitant | 0044 | Le travailleur-habitant a le plus haut degré de reciprocité | |
| Mémoire collective | Territoire | 0,000 | Les résidents de Caminhos de Pedra ont moins de la mémoire collective |
| Durée de résidence | 0,001 | La mémoire collective augmente avec la durée de résidence | |
| Lien avec le territoire | 0,002 | Le degré de la mémoire collective est plus grand pour ceux qui avaient des grands-parents qui ont immigré ou émigré | |
| Expectative | 0,000 | Le degré de la mémoire collective est plus grand pour ceux qui espèrent continuer à vivre dans le territoire au cours des 5 prochaines années. | |
| Le travailleur-habitant | 0,000 | Le travailleur-habitant a le plus haut degré de mémoire collective |
Le Tableau 2 montre comment les facteurs [variables dépendantes] varient selon des groupes spécifiques de personnes interrogées et le degré d'importance de chaque analyse de variance. À la suite de l'analyse de variance, nous pouvons constater que la proximité est le facteur ayant montré le plus de différences entre les groupes analysés, tandis que la réciprocité était le facteur ayant obtenu le moins de variations entre les groupes.
Certains aspects sont notables comme: (i) travailler avec la famille génère une plus grande proximité et plus d'ancrage ; (ii) avoir des enfants génère également une plus grande proximité et une plus grande réciprocité ; (iii) le temps de séjour augmente la proximité, l'ancrage et la mémoire collective [mais n'a aucun effet sur la réciprocité, ce qui pourrait indiquer qu'il s'agit d'un élément nécessitant moins de temps pour se mettre en place par rapport à l'autre].
Le ‘lien avec le territoire’ et ‘le travailleur-habitant’ sont les variables qui ont montrées des différences statistiquement significatives dans les quatre facteurs explicatifs du capital social territorial et peuvent être considérées, par conséquent, comme des variables clés dans le processus de développement territorial. En plus de ces analyses, il est nécessaire de mettre en évidence les variables qui n'avaient pas de différences significatives pour aucuns des facteurs de capital social territorial ; ce sont les suivants: le genre, le niveau de scolarité et la catégorie professionnelle [entrepreneur, agriculteur, salarié, fonctionnaire]. En d'autres termes, le stock de capital social dans les territoires étudiés dans ces groupes est uniforme ; avoir plus ou moins de capital social sur un territoire ne dépend pas du genre, du niveau de scolarité ou de la profession.
Après cela, à partir des quatre facteurs explicatifs du capital social territorial, une régression linéaire a été utilisée pour examiner comment chaque groupe de variables est lié à la perception générale du capital social: «En général, je me sens comme une partie du Territoire», variable 23 de l'instrument de collecte.
À la fin de l'analyse de régression linéaire, les variables ont été considérées comme significatives lorsque p <0,05 [en supposant une probabilité d'erreur de 5%]. Le coefficient Bêta est le poids relatif de chaque variable et détermine l'ordre de leur importance dans le facteur (Malhotra, 2007). La valeur R. indique le degré d'explication de toutes les variables relatives à la perception générale du degré de capital social territorial. Pour l'analyse de régression linéaire, la méthode par étapes a été utilisée, qui considère comme un critère pour entrer des variables dans le modèle, le niveau de signification de la variable [Tableau 3]. Le test de Durbin-Watson indique que la covariance résiduelle est nulle et la valeur du test appartient à la région d'acceptation (Hair et al., 2005).
| Tableau 3 – Modèle de régression linéairea (método stepwise)ModèleRR2R2 ajustéErreurDurbin-Watson 1 0,476b 0,227 0,223 0,865 2 0,567c 0,321 0,314 0,868 1,951 |
(a) la variable dépendante: 23 - En général, je me sens partie du Territoire / (b) (constant), ancrage territorial / (c) (constant), ancrage territorial, proximité.
Enquête directe.L'analyse de régression fait ressortir deux facteurs principaux, avec R. de 0,321. Ceci indique que ces facteurs, dans ce cas, l'ancrage et la proximité territoriale, expliquent 32,1% de la variation dans le capital territorial [en éliminant l'influence de la taille de l'échantillon et de la dispersion des données, le R. est de 31,4%].
Le fait que la réciprocité et la mémoire collective n'apparaissent pas dans le modèle, ne signifie pas qu'ils ne sont pas importants dans l'évaluation du capital social. Cela indique seulement un pouvoir explicatif plus grand de l'ancrage et de la proximité. En outre, la régression est basée sur une variable unique, conçue pour tenter de résumer la perception du répondant sur une seule question, qui n'est pas toujours facile [ni au répondant ni au chercheur qui a formulé et testé la variable]. En ce sens, lorsque nous avons demandé le degré d'accord avec l'énoncé « En général, je me sens comme une partie du TERRITOIRE», nous devons considérer que la « partie » d'un territoire a, au préalable, une liaison avec beaucoup plus d'enracinement et de sentiment d'appartenance à des normes de réciprocité et d'historicité.
| Modèle | Facteur | Coefficients standardisés (Beta) | Sig. |
| 2 | (constant) | 1,494b | 0,000 |
| Ancrage territorial | 0,344 | 0,000 | |
| Proximité | 0,334 | 0,000 |
(a) la variable dépendante: 23 - En général, je me sens partie du TERRITOIRE. (b) pour la constante, la valeur de bêta est non standardisée.
enquête directe.En conclusion de cette analyse, à travers le coefficient Beta (tableau 4), nous pouvons conclure que chaque fois que l'ancrage territorial augmente d'une unité, la variable dépendante (capital territorial) augmente de 0,344 unités. De même, une lecture équivalente peut être réalisée au facteur ‘proximité’. Ainsi, nous concluons que les répondants, en faisant le point sur leur stock global de capital social par rapport à leur territoire, l'ont fait en fonction de leurs commentaires sur l'ancrage et la proximité territoriale. En d'autres termes, nous pouvons en déduire que, dans les cas étudiés et la variable générale de perception choisi, l'ancrage et la proximité sont les facteurs qui pèsent le plus dans l'évaluation globale du capital social territorial.
CONCLUSION
Le territoire n'est pas un concept a-historique ou a-géographique, il doit être situé dans le temps et l'espace, de même que la notion de capital social. Ainsi, les résultats présents sont fortement influencés par le contexte dans lequel ils sont insérés. Pourtant, avec le principal élément de preuve analysé selon le cadre théorique, nous pouvons construire des indices sur les mécanismes de la construction territoriale et les relier au capital social.
Cette étude propose la construction de la notion de capital social territorial, basé sur quatre facteurs clés : la proximité, l'ancrage territorial, la réciprocité et la mémoire collective. Les études sur le rôle des acteurs sociaux dans la construction des territoires représentent une possibilité d'examiner les fondamentaux de l'économie en se connectant avec d'autres dimensions: le territoire, comme point central de départ de l'analyse et de l'action.
Néanmoins, il y a beaucoup de questions auxquelles il faut répondre: Comment la construction de nouvelles formes de gestion peut-elle rendre compte de la multiplicité des régions dans lesquelles nous sommes plongées? Comment reconstruire une territorialisation qui pourrait signifier non seulement un « contrôle » de l'espace, mais aussi de la production de cet espace sur de nouvelles bases, afin d'étudier la relation complexe entre les habitants et le territoire?
En outre, nous savons que le capital social n'est pas un instrument à utiliser seul ; il n'a pas non plus la prétention d'être unique dans la compréhension de l'action collective. Pourtant, malgré ses limites, il a contribué à l'évaluation des expériences de stratégies de développement local. On espère que cette étude pourra éclairer le débat sur les actions territoriales mises en œuvre par différents types d'acteurs, en particulier les décideurs politiques axés sur le développement.
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Notes