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Humour et création lexicale dans le discours révolutionnaire du Hirak algérien

Nadjiba Benazouz
Université de Biskra, Argelia
Soraya Refrafi
Université de Biskra, Argelia

Humour et création lexicale dans le discours révolutionnaire du Hirak algérien

Linguistik online, vol. 115, núm. 3, pp. 73-90, 2022

Universität Bern

Abstract: This contribution is intended to be a descriptive and analytical study of the vehicular lexical processes of humor in the revolutionary discourse of the Algerian Hirak. Our reflection re- volves around the following problem: what are the most productive lexical creation processes for humor in the revolutionary discourse of Hirak in Algeria? Our study would be quantitative in the measure of making statistics on the number of lexes generated by each process and qual- itative in the sense of resorting to the contextualization in order to find the source meaning of humor for each lexis. For the purposes of this present research, we have collected 54 lexes that appeared in the revolutionary speech on Facebook pages, from 22 February 2019 until 31 Oc- tober 2020, a period of moments of popular protest, known as Algerian Hirak, in fact, we first try to classify the collared lexis according to the categories of humor, taking inspiration from the work of P. Charaudeau (2006), then we identify the different creative processes mobilized in each category, in us. Referring to the typology of Pruvost/Sablayrolles (2016).

1 Introduction

L’Algérie a connu une longue culture de contestations et de manifestations populaires qui a constamment stimulé la créativité linguistique. Dans le cadre de cette contribution, nous nous intéressons aux particularités lexicales utilisées par les manifestants algériens dans le cadre du mouvement populaire contre le cinquième Mandat de l’ex-président A. Bouteflika, mouvement qui a eu lieu à partir du 22 février 2019 dans toutes les régions du pays.

Cette recherche s’est fixée pour but l’étude de l’apport de la créativité linguistique dans la pro- duction de l’humour lors du mouvement populaire. Nous essayerons de contribuer à ce champ de recherche en répondant à la problématique suivante ; quels sont les procédés de création lexicale les plus productifs de l’humour dans le discours révolutionnaire du Hirak en Algérie ? De cette problématique découle l’hypothèse suivante : certains procédés seraient plus produc- tifs par rapport à d’autres selon les catégories de l’humour utilisées. Pour ce faire, nous nous sommes basées sur une étude de cas tirés d’un corpus composé de 54 lexies véhiculaires de l’humour qui a été collecté lors de ces évènements, sur le réseau social Facebook. Le travail consiste, dans une première étape d’analyse, à classer ces lexies selon les catégories de l’hu- mour proposées par P. Charaudeau (2006), dans une deuxième étape, il est question d’identifier les différents procédés créatifs mobilisés dans chaque catégorie, et ce, selon la classification de Pruvost/Sablayrolles (2016).

2 Mouvement social : Créativité lexicale et acte humoristique

Neveu (2015 : 9) qualifie le mouvement social d’« action collective ., qu’il définit comme « un agir-ensemble intentionnel, marqué par le projet explicite des protagonistes de se mobiliser de concert. Cet agir-ensemble se développe dans une logique de revendication, de défense d’un intérêt matériel ou d’une cause » Ce mouvement social est un ensemble de campagnes de re- vendications soutenues, adressées aux détenteurs du pouvoir, utilisant un répertoire d’action particulier et exprimant valeurs, unité, nombre et engagements collectifs.

2.1 Hirak algérien : mouvement social de contestations

En Algérie, ce mouvement social de contestations populaires qui a marqué l’Algérie depuis le 22 février 2019, pour protester contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat présidentiel, était appelé au départ « révolution du sourire » ou « printemps algérien ». Par la suite, le terme Hirak, néologisme qui provient de la langue arabe pour désigner les mouvements révolutionnaires qui s’affirment dans le monde arabe, a pris le relais.

Ce mouvement populaire algérien est caractérisé par son aspect pacifique ; il a été fortement structuré, organisé par des manifestations et des marches collectives géantes chaque mardi et chaque vendredi. Malgré d’importants dispositifs sécuritaires, le Hirak algérien, caractérisé par son originalité et surtout par son aspect pacifique, s’est amplifié et a gagné toute l’Algérie. Les Algériens s’organisent via les réseaux sociaux et se réapproprient les rues du pays.

2.2 Créativité lexicale lors du Hirak algérien

Selon Derradji, le français, tel qu’il est pratiqué en Algérie, présente des particularités lexicales, phonétiques et morphosyntaxiques :

La communauté linguistique algérienne d’expression francophone affiche un tant soit peu son autonomie par rapport aux normes académiques en faisant valoir la prépondérance d’un usage légitime ; d’une norme locale. Celle-ci se constitue en tant que particularisme, comme un signe distinctif spécifique, intrinsèque qui se manifeste sur le plan du corpus de ce français régional d’Algérie, par des marqueurs spécifiques qui peuvent toucher même la structure de cette langue surtout par une importante néologie tant sémantique que lexicale. (Derradji 2004 :16)

Sur le plan lexical, les lexies tiennent une place importante quantitativement. Ces créations lexicales produites par les locuteurs algériens sont construites conformément aux procédés de formation lexicale du français, ce qui n’exclut pas l’existence d’autres procédés qui sont irré- guliers et appartiennent à la spécificité linguistique et culturelle de la communauté dans laquelle ils sont produits.

Comme le souligne Derradji (2004 :15) « l’écart n’est pas perçu par le sujet parlant comme une faute par rapport aux règles normatives mais plutôt comme une façon d’être, une volontaire affirmation de soi qui se réalise par l’exercice d’un travail sur toutes les potentialités de la langue française ». Ces créations montrent la capacité des locuteurs à tirer profit des ressources langagières, et leur compétence linguistique par la production de nouvelles lexies suivant les règles du système linguistique français.

Lors du Hirak algérien, le discours révolutionnaire contre le pouvoir, percutant et humoristique, rivalise d’inventivité et suscite l’admiration. Le manifestant algérien, en restant fidèle à son humour hors commun, emploie de nouvelles créations lexicales qui sont nées de la chaleur de ces événements de protestation et de colère et ont fait rire et sourire le peuple, des créations telles que (Boudhaflika, Bouteflitox, cachir-moi, gilet-jaune cacher, millefeuilliste, vendredire, etc.). C’est bien dans ce contexte que se marie la révolution à l’humour et la drôlerie ; on peut même penser que cet humour révolutionnaire teint d’amour a contribué à la réussite de ces évènements de contestation.

3 L’acte humoristique

L’humour désigne cette forme d’esprit qui met en exergue le caractère ridicule ou absurde de certaines réalités humaines et sociales, on peut le définir comme étant un moyen d’obtenir le plaisir en dépit des affects pénibles qui le perturbe, Freud (1905/1988 : 399) prétend qu’« il intervient pour ce développement d’affect, il se met à la place de celui-ci ». Il est à signaler la pluridisciplinarité des études sur l’humour, comme le souligne Dufort : « Les études sur l'hu- mour peinent à atteindre un consensus sur la définition de l'objet. L'interdisciplinarité constitue un obstacle de taille au développement d'un paradigme. » (Dufort 2016 : 26). De ce fait, il n’est pas facile pour le chercheur de faire un choix méthodologique adéquat à son étude. Lefort, quant à lui, prétend que « L’humour donc sera considéré comme un terme générique qui regroupe des phénomènes de production intentionnelle d’incongruités et/ou de compréhension à des fins sou- vent ludiques. » (Lefort 1990 :25).

Les Algériens traduisent leur souffrance en inventant le rire à travers les néologismes qu'ils ont créés lors des manifestations ; c’est-à-dire que l’humour a permis aux Algériens de prendre du recul sur ce qu’ils vivent ; on peut dire qu’on rit pour ne pas pleurer.

Non régi par les normes linguistico-communicatives ou même socio-culturelles, l’humour sus- cite plaisir et connivence chez le récepteur afin qu’il soit pris en considération. Selon Freud (1905/1988 : 401), il y a quelque chose de libérateur dans l’humour qu’on « ne retrouve pas dans les autres modes d’acquisition du plaisir par une activité intellectuelle ». Il est considéré comme l’une des stratégies privilégiées qui consiste non seulement à persuader aisément son destinataire mais également à éviter de vivre la souffrance et les émotions douloureuses.

Charaudeau (2006 : 19–41) souligne que « l’acte humoristique est un acte d’énonciation qui met en scène trois protagonistes : le locuteur, le destinataire et la cible ». Selon le même auteur, tout fait humoristique est un acte de discours qui s’inscrit dans une situation de communication. Mais il ne constitue pas à lui seul la totalité de la situation de communication. Il peut apparaitre dans des types de discours variables : publicitaire, politique, médiatique, conversationnel, etc. il est plutôt une certaine manière de dire à l’intérieur de ces diverses situations, un acte d’énon- ciation à des fins de stratégie pour faire de son interlocuteur un complice. Selon Ducrot« l’énonciation humoristique se caractérise par une dissociation entre le locuteur et l’instance qui prend en charge la position exprimée dans l’énoncé même » (Ducrot 1984 : 213). Comme tout acte de langage, l’acte humoristique est la résultante du jeu qui s’établit entre les partenaires de la situation de communication et les protagonistes de la situation d’énonciation. Dans l’acte humoristique, il faut faire la distinction entre procédés langagiers et procédés discursifs.

3.1 Les procédés langagiers

Selon Charaudeau (2006), les procédés linguistiques relèvent d’un mécanisme lexico- syntaxico-sémantique qui concerne l’explicite des signes, leur forme et leur sens, ainsi que le rapport forme-sens. Ils jouent tantôt sur le seul signifiant, comme dans les calembours, contre- pèteries, palindromes, mots-valises ; tantôt sur le rapport signifiant-signifié des mots homo- nymes ou polysémiques qui permet de passer d’une isotopie de sens à une autre. Nous citons l’exemple du slogan révolutionnaire du Hirak algérien :« j’ai testé ce régime et je n’ai pas mai- gri, alors je change de régime », le mot régimesignifiant ‹ manière de vivre ou l’on fait un usage raisonnée et méthodique des aliments et des boissons › et ‹ manière de gouverner un Etat ›.

3.2 Les procédés discursifs

Ces procédés dépendent de l’ensemble du mécanisme d’énonciation, et donc de la position du sujet parlant et de son interlocuteur, de la cible visée, du contexte d’emploi et de la valeur sociale du domaine thématique concerné. Les procédés linguistiques ne sont pas porteurs en eux-mêmes d’une valeur humoristique, ils peuvent être utilisés par différents genres discursifs parmi les plus sérieux comme la poésie. L’antiphrase, par exemple, est un procédé linguistique qui consiste à dire le contraire de ce que l’on pense, et qui peut donner lieu à diverses catégories discursives telles le mensonge, l’ironie ou le paradoxe.

A l’intérieur des catégories discursives de l’humour, il convient de distinguer celles qui résul- tent d’un jeu avec des procédés d’énonciation et celles qui résultent du sémantisme des mots à l’intérieur même de l’énoncé. Les procédés d’énonciation sont ceux qui jouent entre ce qui est dit (explicite) et ce qui est laissé à entendre (implicite), comme dans l’exemple du slogan « Merci d’avoir réveillé le peuple ! » destiné à l’ex-président Bouteflika et à ses partisans après sa candidature à un 5e mandat. Les procédés qui portent sur l’énoncé sont tout entier contenus dans celui-ci en jouant sur la dissociation d’isotopies.

4 Corpus d’étude, méthodologie et analyse

La présente contribution prend appui sur un corpus écrit rassemblant 54 lexies néologiques collectées à partir du discours révolutionnaire publié sur des pages francophones Facebook des militants du Hirak comme le chroniqueur Hakim Lâalam, des caricaturistes reconnus sous les pseudonymes Hic et Dilem, ainsi que d’autres. Ce réseau social permet à ces militants de créer leurs propres comptes pour partager toute actualité sur ce mouvement de contestations. Afin de posséder un corpus récent, nous avons sélectionné les discours publiés pendant la période s’échelonnant du 22 février 2019 au 31 octobre 2020, période se caractérisant principalement depuis le 22 févier 2019, début du Hirak, par un foisonnement sociopolitique, lié à une nouvelle liberté de l’opinion publique, une libération du langage chez les manifestants et une certaine liberté d’expression dans les rues, les médias et sur Facebook.

Pour la collecte de notre corpus, nous avons essayé de relever toutes les innovations lexicales rencontrées au cours du dépouillement des pages francophones du réseau social Facebook choi- sies à cet effet. Etant donné que notre étude porte sur la créativité lexicale humoristique, notre corpus est collecté en répondant à des objectifs préalablement définis ; dans une première étape, il s’agit de distinguer une unité linguistique nouvelle d’une unité linguistique déjà existante, et ce en nous référant à des critères bien déterminés par Sablayrolles (2000), tel que le sentiment néologique et l’absence de ces lexies de notre corpus d’exclusion.1 Dans une deuxième étape, il est question de collecter les lexies véhiculant de l’humour dont l’interprétation est en corré- lation avec le contexte et la situation de communication. C’est pourquoi l’analyse de ces lexies ne peut pas être complète si l’on ne s’intéresse pas à la visée de l’énonciateur dans l’acte de communication. Ce corpus nous permettra de mesurer la variété des catégories humoristiques développées par Charaudeau et d’approfondir les questions sur les différents procédés lexicaux productifs de l’humour dans le discours révolutionnaire algérien.

Notre analyse se fera selon deux niveaux, d’abord, pour étudier les caractéristiques quantita- tives des lexies collectées, nous avons recouru, à une méthode statistique, qui consiste à classer les lexies selon les différentes catégories de l’humour présentes dans notre corpus, ce qui nous a donné la possibilité de dresser des tableaux et de construire des graphiques, permettant ainsi une présentation visuelle des résultats obtenus. Ensuite, pour étudier les caractéristiques quali- tatives, nous avons cherché les différents procédés lexicaux utilisés dans la création des lexies collectées afin de repérer les plus productifs de l’humour dans notre corpus.

4.1 Classement des lexies néologiques selon les catégories de l’humour

Nous allons nous référer aux différentes catégories de l’humour telles qu’elles ont été abordées par Charaudeau (2006), qui distingue : l’humour par le jeu énonciatif (qui se compose des ca- tégories suivantes : l’ironie, la raillerie, le sarcasme et la parodie), de l’humour par le jeu poly- sémique, (qui comporte les trois catégories suivantes : l’insolite, la loufoquerie, et le paradoxe). Selon ce classement, nous avons obtenu les résultats présentés dans le tableau ci-dessous :

Tableau 1
LexienéologiqueCatégories de l’humour
Par le jeuénonciatifPar le jeupolysémique
IronieRaillerieSarcasmeParodieInsoliteLoufoquerieParadoxe
Abdekka Premier+
Anti-chita+
Boudhaflika+
Bousbaa+
Boutaawika+
Boutabrira+
Bouteflitox+
Boutelsika+
Cachiriste+
Cachirmoisitu peux+
Cadre+

Tableau 1
LexienéologiqueCatégories de l’humour
Par le jeuénonciatifPar le jeupolysémique
IronieRaillerieSarcasmeParodieInsoliteLoufoquerieParadoxe
Casa d’Elmouradia+
C’estpasle momentisme+
Clous+
Confinés-Milka+
CurageFlnien+
Dégagecycline+
Dezbarkisme+
Douzdouzer+
El bahrouamamou- koum ! Wal’chaâbou waraoukoum +
Enerdjazair+
Essystème+
Fakhamatou (des)+
Fakhamatou- autoroute+
Février moubarek+
Flexyde Abdelaziz 2+
Gilet-Jaune cacher+
Haddadisation de l’économie+
Halalisme+
Hiracaméleons+
Islamo-cachir+
Je suisyaourt+
Khawakhawiste+
Lihlihisme+
Mafihachisme+
Magist’Rats+
Mardir+
Millefeuillistes+
Naharisation desmédias+
Nekkazfamily Nombreuse+
Nekkazeurs+
One-Two-+

Tableau 1
Classement des lexies selon les catégories de l’humour
LexienéologiqueCatégories de l’humour
Par le jeuénonciatifPar le jeupolysémique
IronieRaillerieSarcasmeParodieInsoliteLoufoquerieParadoxe
Threeste (wantoutriste)
Sectambari+
Sous-France (la)+
Tchaktchouka- candidat-unique+
TV-zigou+
Un seulcadre est le peuple+
Vendredire+
Vuedégagez+
Wantoutrisme+
Yaourt+
Zatchisme+
Zatchya+
Total10120308170202

Afin de faciliter la lecture des résultats mentionnés dans le tableau ci-dessus, nous avons opté pour la présentation des catégories de l’humour en termes de chiffres dans la figure ci- dessous :

Classement des lexies selon les catégories de l’humour
Figure 1
Classement des lexies selon les catégories de l’humour

L’examen des proportions, montre bien la primauté de l’insolite avec 17 lexies, soit 31.48%, suivie de la raillerie avec 12 lexies représentant 22.22%, alors que l’ironie se positionne en troisième rang avec 10 lexies, soit 18.51%. Quant à la parodie, 8 lexies, représente 14.81% de la totalité. Le sarcasme, représenté par 3 lexies seulement, renvoie à 5.55% du corpus, tandis que les deux procédés : la loufoquerie et le paradoxe font jeu égal avec 2 lexies, soit 3.70% pour chacun.

4.1.1 L’humour par le jeu énonciatif

Dans ce type d’humour, le locuteur laisse le destinataire calculer le rapport entre ce qui est dit explicitement et l’intention cachée à travers ce qui est dit, ce qui conduit à un détachement entre le sujet énonciateur (celui qui parle explicitement) et le sujet locuteur, dont l’intention doit être découverte par le destinataire. Ce type d’humour est représenté par 33 lexies, soit 61.11% ré- parties comme suit :

· L’ironie

Représentée dans notre corpus par 10 lexies, soit 18.51%, l’ironie signifie le fait de dire le contraire de ce qu’on pense, ou de ce qu’on veut faire penser ; il y a donc un rapport de discor- dance entre le dit et le pensé. Selon Bouquet/Riffault (2010), l’ironie « au-delà de son sens évident et premier, révèle un sens différent, voire opposé, dit le contraire de ce que l’on veut faire entendre » (Bouquet/Riffault 2010). Parfois, elle est définie comme une moquerie, un pa- radoxe ou une parole absurde, et on lui associe la raillerie, la dérision ou le grotesque. Bergson met en exergue la distinction existant entre l’ironie et l’humour. Ainsi, pour lui : « Tantôt on énoncera ce qui devrait être, feignant de croire que c’est précisément ce qui est : en cela consiste l’ironie. Tantôt au contraire on décrira minutieusement et méticuleusement ce qui est, en effec- tuant de croire que c’est bien là ce que les choses devraient être : ainsi procède souvent l’hu- mour » (Bergson 2004 : 97).

Selon Charaudeau (2006) :« l’acte d’énonciation produit une dissociation entre ce qui est « dit » et ce qui est « pensé ». Cette dissociation étant voulue par le sujet parlant, cet acte d’énonciation met à mal le principe de sincérité qui veut que ce qui est dit soit censé ». Dans cette catégorie, le jugement avancé par l’énonciateur se présente toujours comme une appréciation positive masquant l’appréciation pensée et qui est toujours négative. Pour ce type d’humour (Charaudeau 2006) :« C’est la cible qui est l’objet du jugement négatif, et non l’interlocuteur que l’on prend à témoin de l’acte ironique en lui demandant d’en être le complice. Cependant, il peut se faire que ce dernier soit en même temps la cible de l’ironie ».

Les lexies ironiques de notre corpus sont expliquées ci-dessous :

· La raillerie

La raillerie, procédé humoristique dans lequel l’énoncé produit par l’énonciateur se présente comme une appréciation négative masquant l’appréciation positive pensée, convient à ce contexte, où il s’agit de dénoncer cette bande de corrompus s’emparant du pouvoir. Selon Charaudeau (2006) :« on a affaire à une sorte d’hyperbolisation du négatif, et celle-ci est comme un appel à ce que le destinataire-témoin soit complice du dénigrement, un peu comme dans la figure du commérage ». Dans cette catégorie, il n’y a pas de rapport de discordance entre le dit et le pensé. Ce procédé est représenté par 12 lexies, soit 22.22%. Elles sont présentées ci-dessous :

· Le sarcasme

Ce procédé consiste en l’exagération démesurée touchant à la bienséance, le fait de dire ce qui ne devrait pas être dit, ce qui met l’interlocuteur mal à l’aise, mais en même temps le locuteur est à la merci d’une réplique de l’interlocuteur qui lui signifie son inconvenance. Angenot prétend que :

Le sarcasme consiste à agresser l’adversaire en se montrant en apparence bienveillant, débonnaire, favorable à son égard. La figure apparait selon l’opposition métalogique élémentaire : bienveillance apparente vs agression dissimulée. Le sarcasme peut consister à compenser un reproche par un éloge fallacieux, qui n’aboutit en fait qu’à aggraver le reproche même. (Angenot 1982 : 278)

Dans notre corpus, trois lexies seulement représentent ce procédé :

· La parodie

La parodie est aussi présente à travers un nombre important de lexies néologiques, sous forme de textes détournés, dont la signification ne pourrait être atteinte, sauf s’il y a eu ce partage de connaissances linguistico-culturelles entre le locuteur et le destinataire. Vaillant (2016) la définit comme suit : « la parodie est l’imitation, plus ou moins déformée, plus ou moins partielle, plus ou moins explicite, comique, ludique ou satirique, de toute entité (personne publique ou privée, pratique sociale, production ou performance culturelle, etc.) suffisamment individualisée » (Vaillant 2016 : 94). Cette catégorie fait également partie du processus de dénonciation ; en effet, elle consiste à changer quelques éléments d’un texte de sorte qu’on parle d’imitation ou de détournement du texte original sans que le texte ainsi modifié passe pour cet original. Selon Charaudeau (2006) : « La parodie fait coexister les deux textes qui s’alimentent réciproquement : le texte original reste une référence, le texte parodique y trouve son fondement, même lorsque le nouveau texte par son imitation-transformation met en cause, voire se moque, de l’original ». Les néologismes d’humour parodique dans notre corpus sont présentés ci-dessous :

  1. 1. Bouteflitox : (du Flitox, un insecticide algérien), pour décrire la destruction qui a eu lieu pendant le règne de Bouteflika.
  2. 2. Cachir-moi si tu peux : (reprise de l'expression du dessin animé Pokémon : ‹ Catch me if youcan ›), pour dire ‹ rends-moi du pouvoir si tu peux ›.
  3. 3. Casa d’El Mouradia : (du film Casa de Papel), pour dire qu’on ne peut jamais être sûr de ce que peut se passer dans le Palais d’El Mouradia.
  4. 4. El bahrouamamoukoum ! Wa l’chaâbouwaraoukoum : qui veut dire en arabe : ‹ être coincé de devant par la mer, et du derrière par le peuple ›, cette expression néologique en arabe est détournée à partir de la fameuse phrase prononcée par Tariq Ibn Ziad lors de sa conquête de l’Andalousie, en s’adressant à l’armée occidentale, en lui disant qu’il n’y pas d’échap- patoire, car la mer est devant eux et son armée est aussi derrière eux : « el bahrouamamou- koum ! walaadouwarakoum ». C’est dans ce sens que le locuteur a détourné cette expression pour l’adapter à la situation fatale à laquelle son destinataire (lui-même la cible) doit se soumettre.
  5. 5. Enerdjazair : d’Energizer, marque de batterie haute qualité), pour décrire l’énergie inépui- sable des manifestants du Hirak.
  6. 6. Février moubarek : de l’expression arabe « Aid Moubarek », pour dire bon février.
  7. 7. Je suis yaourt : de l’expression je suis Charlie, pour soutenir l’affaire du yaourt banni par Ouyahia.
  8. 8. « Un seul cadre est le peuple » : reprise de l’expression le seul héro, le peuple, comme disait un slogan tagué sur des murs de la Casbah en 1962, à ce propos Farid Alilat (2019) explique : « Certes ce graffiti a depuis longtemps disparu de ce quartier emblématique de la capitale algérienne, mais son esprit accompagne la révolution en cours dans le pays depuis février 2019 ». L’humour dans cet exemple est accentué par l’emploi du terme cadre qui est lui-même néologique, pour désigner au début le cadre du Président Bouteflika remplaçant sa présence physique pendant ses années d’absence, puis généralisé pour signifier le pouvoir dans un sens humoristique.

4.1.2 Humour par le jeu polysémique

Ce type d’humour consiste à jouer sur la polysémie des mots, qui permet de construire deux ou plusieurs niveaux de lecture tout au long de la construction phrastique (isotopie) autour de mots dont le sens est double ou triple. Il comporte les trois catégories suivantes : la loufoquerie, l’insolite et le paradoxe. Ce type est représenté par 21 lexies soit 38.88% réparties comme suit :

· L’insolite

La part du lion dans notre corpus renvoie à la catégorie de l’insolite qui consiste à relier le dit (la lexie néologique) et le pensé (non-dit), appartenant tous deux à des univers différents. Dans ce procédé, il est question de la rencontre de deux univers différents, mais qui ne sont pas complètement étrangers l’un à l’autre. L’insolite résulte du fait que ces deux univers ne sont pas naturellement liés l’un à l’autre, bien que le récit et/ou la situation dans lequel ils apparaissent justifie leur rencontre. Ce qui distingue l’insolite de la loufoquerie est la possibilité d’expliquer les différentes logiques qui se rencontrent dans le récit du fait que le procédé d’incohérence repose sur une sorte de trans-sens, Charaudeau (2006) prétend que : « Quelque chose permet tout de même d’établir un lien entre les deux univers, de passer de l’un à l’autre (trans). Même si cette rencontre est le fait du hasard, comme coïncidence de deux logiques, au départ, indépendantes l’une de l’autre, mais dont on comprend et accepte les effets de la rencontre ».

Les lexies concernées par ce type d’humour sont :

· La loufoquerie

Dans cette catégorie, les évènements mis en relation existant dans un monde sans liens logiques, complètement étrangers l’un à l’autre, la relation de causalité devrait s’instaurer entre les faits décrits. Appartenant à deux paradigmes différents ou opposés, leur conjonction ne peut produire que quelque chose qui est hors-sens. La loufoquerie représente une disjonction entre le dit et le non-dit appartenant à des univers différents, c’est-à-dire qu’il n’a pas de lien entre les deux, comme c’est le cas pour les deux lexies ci-dessous :

· Le paradoxe

La dernière catégorie est bien celle du paradoxe, ou comme l’appelle Charaudeau : l’ironie du sort. Dans ce cas, il est question de rapports de contradiction entre deux logiques dans une même isotopie ; on est dans le même univers mais la non-correspondance entre les éléments se

trouve au niveau du lien qui les relie. L’incohérence paradoxale est un fait de discours qui va à l’encontre d’une logique garantie par la norme sociale et non une logique universelle ; cette contradiction est jugée inacceptable ou paradoxale. On a affaire à un contresens ; où l’on va contre le sens attendu. Cette catégorie d’humour est présente à travers deux lexies :

4.2 Classement des lexies humoristiques selon les procédés de formation

Dans cette étape de notre analyse, nous nous sommes inspirées de la typologie de Pruvost/ Sablayrolles (2016) pour identifier les différents procédés de formation des lexies collectées. La méthode d’analyse adoptée dans notre étude se veut descriptive. Nous nous attèlerons à décrire la créativité lexicale humoristique dans le discours révolutionnaire algérien, en identi- fiant les procédés lexicaux les plus productifs de chaque catégorie d’humour rencontrés dans notre corpus. A cet effet, nous précisons que le nombre de procédés linguistiques est au-delà de celui des lexies néologiques, soit 113 procédés pour 54 néologismes, car il existe des cas de la superposition des procédés néologiques :

Tableau 2
Les procédés de formation selon les catégories de l’humour
IronieRaillerieSarcasmeParodieInsoliteLoufoquerieParadoxe
hybridation6721711
suffixation14101
détournement16
hyperbole911
emprunt21
composition21
Préfixation1
calembour21
conversion1112
flexion1
mot-valise121
déformation17
métaphore141
compositions- avante111
euphémisme6711
antithèse111

Pour la première colonne, qui représente la catégorie de l’ironie, le procédé le plus utilisé est bien celui de l’hybridation, qui concerne la présence de deux langues ou plus dans la même lexie, et pour laquelle nous avons obtenu des néologismes formés à partir de l’arabe algérien et du français comme khawakhawiste. Ce procédé en englobe lui-même d’autres : il est question ici de suffixation, de préfixation, de composition, et d’euphémisme, ce dernier, exprimant par- faitement le message ironique, utilise l’atténuation pour ne pas choquer le destinataire, à l’exemple de la lexie anti-chita : qui est formée du préfixe français d’opposition anti-, et de la lexie arabe chita (brosse) moins choquante, employée à la place de la lexie lécher les bottes.

Pour la deuxième colonne, celle de la raillerie, la prédominance du procédé sémantique de l’hy- perbole est remarquable, ce procédé est employé pour exprimer la gravité de la réalité surtout politique que vivent les Algériens (Boudhaflika, mafihachisme) et la dégradation dans les do- maines économique (haddadisation), et médiatique (naharisation).

La troisième colonne, qui représente la catégorie sarcastique, a généré surtout des lexies au sens touchant à la bienséance avec l’emploi des procédés de déformation (Tv-Zigou) et de calembour (Boutaawika, Magist’Rats), ce qui reflète la colère du locuteur.

Quant à la quatrième colonne, qui représente la catégorie de la parodie, nous notons surtout l’emploi du procédé pragmatique du détournement, tout en adaptant les lexies originelles à la situation du Hirak et aux proclamations en question, à l’exemple de la lexie : je suis yaourt, qui rappelle : je suis Charlie, tout en ironisant sur la situation, pour signifier que l’on est contre ce pouvoir même en défendant la cause du yaourt.

Dans la cinquième colonne, qui est celle de l’insolite, le procédé de l’hybridation prédomine permet de rapprocher deux univers sémantiques différents, tout en utilisant surtout la suffixa- tion (lihlihisme, wantoutriste, etc), la composition (islamo-cachir), ainsi que la conversion ver- ticale (douzdouzer, c’est pas le momentisme), et la composition savante (systémectomie).

La sixième colonne renvoie à la catégorie de la loufoquerie, représentée par deux lexies dont le procédé est très approprié, celui de l’antithèse, car on assiste à un contre- sens entre deux lexies liées : tchaktchouka(mélange de plusieurs sortes de légumes) et candidat unique relevant de l’univers politique. Il en va de même pour la lexie Yaourt, produit alimentaire désignant l’ex- premier ministre Ouyahya.

Finalement, la catégorie du paradoxe, est représentée par deux lexies dont le lien forme/sens n’est pas facile à établir ; la néologie est ici élaborée par hybridation, suffixation et flexion, en partant de la même racine Zatchi (nom du président de la FAF), à partir de laquelle nous avons obtenu zatchisme, puis zatchya.

Nous allons présenter les proportions globales d’emploi des procédés dans notre corpus dans le graphique suivant :

Procédés de formation des lexies humoristiques
Figure 2
Procédés de formation des lexies humoristiques

A la lecture des résultats, nous remarquons que l’hybridation, représentée par 21%, est le pro- cédé le plus productif dans notre corpus, pour plusieurs raisons : d’abord, il s’agit d’un contexte politique et socioculturel différent, ce qui implique l’emploi de la langue utilisée dans la vie quotidienne des protagonistes de la communication. Puis, l’humour des lexies arabes, généra- lement, utilisées en hybridation, ne sont pas traduisibles en français, car elles perdront leur fonction humoristique. Enfin, l’hybridation permet de tendre des ponts entre les deux langues l’arabe et le français, tout en créant une transversalité ou une sorte de familiarisation entre les langues, voire aussi les deux cultures algérienne et française. Nous constatons également des phénomènes de création très variés tels que la dérivation, la composition, le détournement, etc., cette créativité lexicale faisant appel à divers procédés utilisés au service de l’humour révolu- tionnaire.

5 Conclusion

Dans notre analyse, nous avons constaté que nos locuteurs font recours à plusieurs variétés de l’humour afin d’exprimer leurs émotions, et leurs opinions dans le cadre du Hirak, tout en res- tant souriants et pacifiques. L’insolite, la raillerie et l’ironie sont les procédés plus représentés dans notre corpus. La loufoquerie et le paradoxe sont les moins utilisés. Les 54 lexies collectées correspondent à des phénomènes de création très variés selon la catégorie de l’humour à la- quelle elles appartiennent.

En effet, notre hypothèse de départ est confirmée, l’emploi de certains procédés est justifié par le type de l’humour utilisé ; l’hyperbole pour la raillerie et le sarcasme ; le détournement pour la parodie ; la métonymie, l’euphémisme et la déformation pour l’ironie. L’utilisation des ca- lembours par paronymie ou homophonie est convenable à la situation de l’humour en général. Quant à la suffixation, la composition et la préfixation, elles sont présentes dans tous les types de l’humour, car elles relèvent des RCM (règle de construction des mots), qui sont des méca- nismes de création régulière et productive (Corbin 1987). L’emploi des suffixes -isme, et -iste, s’avère être productif, en les ajoutant à une base lexicale en arabe, en français ou même en anglais, tout en chargeant le néologisme d’une connotation négative ou péjorative.

Nous avons également constaté que l’élément d’origine arabe « bou- » est très productif, ainsi il peut être considéré comme préfixe typiquement humoristique. Faisant généralement allusion au patronyme Bouteflika, il est à la base de la création des lexies telles que : Boutaawika, Bou- teflitox et Boutelsika. Signifiant parfois « père de quelque chose », ilest utilisé dans la formation des deux lexies suivantes : Bousbaa et boutabrira.

Il est remarquable que les lexies collectées lors du Hirak algérien sont chargées de valeurs relatives à la réalité socioculturelle algérienne, à ce propos, Benazouz affirme que :

Aucune langue ne se suffit à elle-même, et la présence massive des néologismes construits selon les divers procédés de formation témoigne du dynamisme du français à s’adapter et à s’associer à des vocables locaux, à prendre en charge des pratiques socioculturelles que le français acadé- mique ou standard n’est pas à même de nommer de façon satisfaisante. (Benazouz 2016 :328)

Enfin, le corpus recueilli au cours de ce travail, vu la limitation au niveau de son analyse, se prête à d’autres exploitations possibles, à l’analyse d’autres aspects et d’autres questions sou- levées, de voir surtout sices lexies se sont installées dans l’usage, ou elles ont été reprises sur d’autres supports. Autant de terrains, de domaines et d’interrogations incitent à compléter ce début de recherche qui se poursuivrait vu la complexité du contexte sociolinguistique et socio- culturel algérien.

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Notes

1 Un corpus d’exclusion est un ensemble d’ouvrages de références lexicographiques servant de norme de référence par rapport au français standard. Le nôtre est constitué des dictionnaires suivants : Le Petit Robert (2018), Le Trésor de la langue française informatisé (T. L. F. I), Littré-Dictionnaire de la langue française.
2 Etre Badissite, c’est croire à l’arabité et l’islamité de l’Algérie (principe de l’Association de Ulémas Musulmans Algériens) qui était contre la dépendance de l’Algérie pendant la déclaration de la guerre de révolution contre la colonisation française, et être novembériste, c’est défendre les principes de la Déclaration du premier novembre (révolution algérienne contre le colon français).
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