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                <journal-title>Cadernos de Tradução</journal-title>
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            <article-title>Um missionário entre os selvagens do Araguaia, no Brasil: o Padre Vilanova, da Ordem dos Pregadores</article-title>
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               <trans-title>Um missionnaire chez les sauvages de l’Araguya au Brésil : Le P. Gil Vilanova, des frères prêcheurs</trans-title>
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            <tbody>
               <tr align="center" valign="top">
                  <td>Chapitre XII - Les voyages au Para</td>
                  <td>Capítulo XII - As viagens ao Pará</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Question de ravitaillement. – Travessoes et caxoeiras. – Quartier général des fièvres paludéennes et autres. – Le Père Vilanova au Para. – Subventions et secours. – La crise de 1901. – La caoutchouc. – Plantations agricoles et entreprise de navigation.</td>
                  <td>Questão de abastecimento. – Travessões e cachoeiras. – Sede geral da malária e outras doenças. - O padre Vilanova no Pará. – Subvenções e socorro. - A crise de 1901. – A borracha. – Plantações agrícolas e companhia de navegação.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Pour subvenir à tous les besoins, dans une famille, la double action du père et de la mère est également nécessaire. La mission du père consiste surtout à gérer les affaires du dehors, à administrer le patrimoine, à procurer aux êtres confiés à sa sollicitude les moyens de vivre. La mère vaque aux soins du ménage, utilise de son mieux les ressources que le chef de la famille met à sa disposition pour l’entretien de tous et s’ingénie à faire régner à son foyer les jouissances legitimes d’un honnête bien-être. Dans l’ordre moral, cette double action s’exerce également de manière à se compléter: celle de la mère, plus cachée, plus continue, plus efficace aussi, bien souvent, et non moins nécessaire certainement; celle du père, plus sobre, plus ferme, plus intermitente, plus décisive aussi chaque fois qu’elle se fait sentir.</td>
                  <td>Para prover todas as necessidades em uma família, a dupla ação do pai e da mãe é igualmente necessária. A missão do pai consiste sobretudo em gerir os negócios de fora, administrar o patrimônio, procurar dar aos que estão sob os seus cuidados meios de sobreviver. A mãe ocupa-se dos afazeres domésticos, utiliza da melhor forma os recursos que o chefe de família coloca à sua disposição para manutenção de todos e se esforça para que reinem no seu lar os prazeres legítimos de um verdadeiro bem-estar. Na ordem moral, essa dupla ação se exerce de igual modo, a complementar-se: a da mãe, mais escondida, mais contínua, também mais eficaz em muitos casos, e certamente não menos necessária; a do pai, mais sóbria, mais firme, mais intermitente, mais decisiva a cada vez que ela se faz presente.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Conceiçao était une grande famille, et, par ce qui a été dit plus haut du rôle du Père Vigneau, il est facile de deviner quel fut celui du Père Vilanova. Il fut le père nourricier, le pourvoyeur charge de faire arriver en temps utile les ressources que le Père Vigneau employait au fur et à mesure des besoins. Le nombre des enfants à la charge de la Catéchèse s’était accru rapidement. Aussitôt que la Providence lui eut envoyé un collaborateur sur lequel il pût compter et que le gouvernement du Para lui eut fourni généreusement le subsides nécessaires à son œuvre, le Père Vilanova reçut tous les petits Indiens qui se présentèrent. En raison de leur inconstance naturelle, il y avait des désertions et des retours, des entrées et des sorties à jet presque continu, et cela entretenait une certaine fluctuation dans le personnel du collège. Néanmoins, à partir de l’année 1900, la moyenne des enfants à la charge de la Catéchèse fut constamment entre trente et cinquante. Pourvoir à la nourriture et à l’entretien de ce petit monde entraînait des dépenses considérables, surtout si on songe que les parents venaient chaque jour, en longues processions, voir leurs enfants, et qu’après avoir satisfait leur tendresse auprès d’eux, ils ne manquaient guère de faire un tour du côté de la cuisine pour y chercher une satisfaction d’une autre nature.</td>
                  <td>Conceição era uma grande família, e, pelo que foi dito acima acerca do papel do Padre Vigneau, é fácil adivinhar qual foi o papel do Padre Vilanova. Ele fora o pai adotivo, o provedor responsável por garantir em tempo hábil a chegada dos recursos que o Padre Vigneau utilizava de acordo com as necessidades. O número de crianças sob a responsabilidade da Catequese tinha aumentado rapidamente. Logo que a Providência lhe enviou um colaborador com quem pudesse contar e que o governo do Pará lhe forneceu generosamente os subsídios necessários para sua obra, Padre Vilanova recebeu todos os Indiozinhos que se apresentaram. Por causa de sua inconstância natural, ocorriam deserções e retornos, entradas e saídas num fluxo quase contínuo, e isso mantinha certa oscilação no quadro de pessoas do colégio. Apesar disso, a partir do ano 1900, a média de crianças sob o cuidado da Catequese estava constantemente entre trinta e cinquenta. Prover a alimentação e a manutenção desse pequeno mundo resultava em despesas consideráveis, sobretudo se pensarmos que os pais vinham cada dia, em longas procissões ver os seus filhos, e que depois de terem lhes satisfeito com ternura, dificilmente deixavam de ir até a cozinha em busca de satisfação de uma outra natureza.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>La population chrétienne de Conceiçao était elle-même dans une pauvreté au moins égale à celle des missionnaires, et, malgré l’excellent esprit dont elle était animée, elle ne pouvait pas leur venir en aide. Sans doute, ces braves gens ne demandaient pas mieux que de travailler pour les Pères, de les aider dans leurs constructions, de défricher leurs <italic>roças</italic>, de faire leurs plantations de riz et de manioc, mais à la condition, bien entendu, qu’on les payât bien et qu’on pourvût à leur subsistance. De ce côté-là, aussi, il y avait beaucoup de misères à secourir et, en fait d’aumônes, les Pères avaient à en distribuer beaucoup plus qu’à en recevoir.</td>
                  <td>A população cristã de Conceição estava numa pobreza pelo menos igual à dos missionários e, apesar do excelente espírito com que era animada, ela não podia ajudá-los. Sem dúvida, esta brava gente não pedia nada melhor do que trabalhar para os Padres, ajudá-los em suas construções, limpar suas <italic>roças</italic>, plantar o seu arroz e mandioca, mas com a condição, naturalmente, de que lhes pagassem bem e proporcionassem sua subsistência. Desse lado, também, havia muita miséria para dar conta e, quanto às esmolas, os padres tinham que distribuir muito mais do que recebiam.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Au bout de trois ou quatre ans, après qu’on eut défriché et mis en culture le plus qu’on put de terrain, on commença à récolter des denrées en quantité suffisante pour ne plus être, à proprement parler, sous les étreintes de la famine. Mais, en plus de la nourriture, il y a beaucoup d’autres choses nécessaires à la vie et on ne soupçonne guère combien, parmi les produits de l’industrie européenne, il en est dont, après habitude prise, on ne peut plus se passer. Sans parler des quelques poignées de farine de froment et des quelques gouttes de vin qu’il leur fallait pour pouvoir dire la messe, les missionnaires avaient besoin de linge et d’étoffes pour vêtir leurs pensionnaires, des fournitures scolaires pour les faire étudier, d’outils pour leur apprendre à travailler, de mille menus d’objets qui deviennent, de plus en plus, d’un usage courrant à mesure qu’on vit devantage d’une vie plus civilisée. Or, rien de cela ne se trouvait sur place, à Conceiçao. Il fallait, pour se le procurer, aller le chercher soi-même au Para. Et voilà comment, après y être descendu une première fois, en 1897, le Père Vilanova fut amené à y revenir chaque année, pour se créer des ressources, intéresser à son œuvre la charité publique et privée, se ravitailler et en rapporter des secours de toute sorte, en argent et en nature.</td>
                  <td>Ao fim de três ou quatro anos, depois de terem desmatado e cultivado toda a terra que puderam, começaram a colher alimentos em quantidade suficiente para não estarem mais, estritamente falando, sob as garras da fome. Mas, para além dos alimentos, há muitas outras coisas necessárias à vida e dificilmente suspeitamos o quanto, entre os produtos europeus, há alguns dos quais, depois de habituados a eles, não podemos mais ficar sem. Sem falar nos poucos punhados de farinha de trigo e nas poucas gotas de vinho que precisavam para poder celebrar a missa, os missionários precisavam de linho e tecidos para vestir seus internos, de materiais escolares para ajudá-los a estudar, de ferramentas para ensiná-los a trabalhar, de mil listas de objetos que se tornam, cada vez mais, comum ao uso à medida que vivemos uma vida mais civilizada. Contudo, nada disso encontrava-se à disposição em Conceição. Era preciso, para obter os mantimentos, ir por conta própria procurá-los no Pará. Foi então por isso, que, depois de ter ido lá pela primeira vez, em 1897, o Padre Vilanova foi levado a retornar ali todos os anos, para criar recursos, buscando na caridade pública e privada despertar o interesse por sua obra, abastecer e trazer ajuda de todos os tipos, em dinheiro e em mantimentos.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>De Léopoldina jusqu’à Santa Maria, la navigation sur l’Araguaya est relativement facile. Sans doute, le pilote qui dirige l’embarcation doit se défier des troncs d’arbre que charrie le courant, surtout pendant la saison des pluies, des changements qui produisent, chaque année, dans le lit du fleuve, des bancs de sable et des îles qui se forment ou qui disparaissent, des anciens canaux qui s’obstruent et des nouveaux qui creusent, de mille accidents, en un mot, qui changent la physionomie du fleuve. Mais avec du coup d’œil et de l’expérience, ces diffilcultés sont évitées sans trop de peine. C’est à quatre lieues au-dessus da Santa Maria qu’on rencontre le premier obstacle sérieux. C’est ce qu’on appelle un <italic>travessao,</italic> un rideau de rochers qui émerge du fond de la rivière, formant une sorte de chaussée naturelle qui va d’un bord à l’autre. Aux grandes eaux, on passe sans danger, parce que le flot, portant la barque sur son dos, lui fait sauter le <italic>travessao</italic> comme à pieds joints, à plusieurs mètres au-dessus des pointes de rochers qui pourraient égratigner sa coque. Mais pendant la <italic>secca</italic>, il faut, pour passer, choisir une brèche et s’exposer au danger de coudoyer de trop près une pierre cachée sous l’eau ; dans ce baiser perfide, bien souvent mortel, c’est la pauvre barque qui joue le rôle de pot de terre de heurtant au pot de fer. C’est par certaines que l’on compte les <italic>travessoes</italic> de l’Araguaya. Sauf celui qu’on vient de signaler plus haut, ceux qu’on rencontre au-dessus de Santa Maria ne sont pas dangereux, soit parce qu’il n’ont que peu de relief, soit parce qu’ils n’ont ne barrent pas entièrement la rivière. Les bateaux à vapeur les franchissent sans peine; mais ils n’osent pas affronter ceux qui les attendent au-dessous de Santa Maria, tout prêts à leur déchirer les flancs. Les <italic>botes</italic>, les <italic>igarités</italic> et, en général, les embarcations à rames, sont plus hardies et se risquent à les braver, pas toujours cependant impunément.</td>
                  <td>De Leopoldina à Santa Maria, a navegação pelo Araguaia é relativamente fácil. Sem dúvida, o piloto que conduz a embarcação deve estar atento aos troncos de árvores carregados pela correnteza, sobretudo durante o período das chuvas, as mudanças que elas produzem, a cada ano, no leito do rio, bancos de areia e ilhas que se formam ou que desaparecem, antigos canais que se obstruem e novos que se escavam, mil acidentes, resumidamente, que mudam a fisionomia do rio. Mas com vigilância e experiência, essas dificuldades podem ser evitadas sem muito embaraço. É a quatro léguas acima de Santa Maria que encontramos o primeiro obstáculo sério. É o que chamamos de <italic>travessão</italic>, uma cortina de rochas que emerge do fundo do rio, formando uma espécie de calçada natural que vai de um lado ao outro. Nas grandes águas passamos sem perigo, porque o fluxo, carregando o barco nas costas, faz com que ele salte o <italic>travessão</italic> como se estivesse de pés juntos, a vários metros acima das pontas das rochas que poderiam arranhar seu casco. Mas, durante a <italic>seca</italic>, para passar é preciso escolher uma brecha e se expor ao perigo de se aproximar muito perto de uma pedra escondida debaixo da água; nesse abraço traiçoeiro, muitas vezes mortal, é o pobre barco que faz o papel de vaso de barro batendo no vaso de ferro. É por alguns que ficamos sabemos dos <italic>travessões</italic> do Araguaia. Com exceção desse que acabamos de mencionar acima, os que encontramos acima de Santa Maria não são perigosos, seja porque têm pouco relevo, seja porque não barram totalmente o rio. Os barcos a vapor os atravessam sem esforço; mas não ousam enfrentar aqueles que os esperam abaixo de Santa Maria, prontos para lhes rasgar os flancos. Os <italic>botes</italic>, os <italic>igarités</italic> e, em geral, as embarcações a remo, são mais audazes e arriscam-se a desafiá-los, embora nem sempre impunemente.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Les <italic>travessoes</italic> ne sont pas le seul ni le plus grand obstacle à navigation sur le Bas-Araguaya. Ce que les <italic>barqueiros</italic> redoutent le plus, ce sont les <italic>caxoeiras,</italic> les rapides. Pour écouler ses eaux dans l’Océan, le fleuve doit éventrer quelques chaînes de montagnes ou de collines qui, comme de gigantesques digues, lui barrent le passage. Dans cette lutte entre l’eau et la masse rocheuse qui lui tient tête, c’est élément liquide qui est le plus fort. Mais en cédant à la pression formidable et à la puissance de pénétration du fleuve, la montagne tient à honneur d’épuiser tous ses moyens de résistance. A <italic>Sao José dos Martyrios</italic> et à l’<italic>Itaboca</italic>, par exemple, elle ne lui livre qu’un étroit passage, un lit hérissé d’aspérités, où le fleuve se tord doulouresement, tantôt plongeant ses eaux dans des abîmes, tantôt les brisant contre des rochers que, malgré des efforts séculaires, il est impuissant à ébranler, écumant de rage de se voir dompté encore, dans sa victoire, et se précipitant comme s’il avait hâte d’échapper aux étreintes où il se débat. Dans les <italic>caxoeiras</italic>, il y a des différences de niveau brusques et considérables qui impriment à la masse des eaux une impétuosité irrésistible: il y a des chutes à pic; quelquefois, succession de cascades ressemblant aux marches d’un grandiose escalier; il y a des gouffres où l’eau tourbillonne et forme des remous d’une puissance formidable; il y a des pointes de rochers cachées sous l’eau, attendant la barque comme le monstre guette sa proie pour la mettre en pièces. Du reste, chacune des <italic>caxoeiras</italic> de l’Araguaya a sa physionomie propre; ce qu’elles ont en commun surtout, ce sont les fatigues qu’elles occasionnent aux <italic>barqueiros</italic> qui ont à les remonter et les dangers qu’elles leur font courir chaque fois qu’ils ont à les passer. En descendant, la force du courant suffit pour imprimer à la barque une allure vertigineuse; alors, les hommes quittent les rames et s’arment des longues perches dont ils appuient l’extrémité contre les rochers qui font saillie, afin de faire dévier l’embarcation qui risquerait de s’y briser. Dans cette manœuvre, il faut du coup d’œil pour devenir l’écueil caché quelquefois sous l’eau, sang-froid et de l’agilité pour s’arc-bouter à temps et l’éviter; un aplomb parfait pour ne pas perdre son centre de gravité, car tout homme qui tombe à l’eau dans les <italic>caxoeiras</italic> est perdu. C’est en remontant que les <italic>barqueiros</italic> ont à s’imposer un travail qui semble au dessus des forces humaines. Lorsque la barque porte une lourde cargaison et que le bordage s’élève de quelques doigts à peine au-dessus de l’eau, il faut la décharger au bas de la <italic>caxoeira</italic>, la hisser à force de bras et en s’aidant des cordages qu’on attache aux arbres de la rive, jusqu’au bassin supérieur; puis il faut revenir chercher le chargement et le transporter à dos d’hommes jusqu’au point où on remettra l’embarcation à flot. C’est un travail de Titans, et il y fait non seulement une force physique rare mais encore une patience surhumaine.</td>
                  <td>Os <italic>travessões</italic> não são o único nem o maior obstáculo à navegação sobre o Baixo Araguaia. O que os <italic>barqueiros</italic> mais temem são as <italic>cachoeiras</italic> mais velozes. Para escoar suas águas para o Oceano, o rio deve romper diversas cadeias de montanhas ou colinas que, como gigantescos diques, bloqueiam sua passagem. Nessa luta entre a água e a massa rochosa que a ela se opõe, é o elemento líquido o mais forte. Mas cedendo à pressão formidável e ao poder de penetração do rio, a montanha orgulha-se de esgotar todos os seus meios de resistência. Em <italic>São José dos Martírios</italic> e em <italic>Itaboca</italic>, por exemplo, a montanha entrega apenas uma estreita passagem, um leito eriçado de aspereza, onde o rio se torce dolorosamente, ora mergulhando suas águas em abismos, ora quebrando-as contra rochas que, apesar dos esforços seculares, ele é impotente para abalar, espumando de raiva ao ver-se novamente domado, em sua vitória, e se precipitando como se estivesse ansioso para escapar dos abraços em que se debate. Nas <italic>cachoeiras</italic>, existem diferenças de nível bruscas e consideráveis que imprimem à massa de água uma impetuosidade irresistível: há quedas abruptas; às vezes, uma sucessão de cascatas que lembram os degraus de uma grandiosa escadaria; há abismos onde a água rodopia e forma redemoinhos de poder formidável; há pontas de rocha escondidas embaixo da água, esperando o barco como um monstro que espreita sua presa para despedaçá-la. Além disso, cada uma das <italic>cachoeiras</italic> do Araguaia tem sua fisionomia própria; o que elas têm em comum, sobretudo, são as fatigas que elas causam aos <italic>barqueiros</italic> que têm de subi-las e os perigos que enfrentam cada vez ao passá-las. Descendo, a força da corrente é suficiente para tornar o barco vertiginoso; então, os homens largam os remos e armam-se com longas varas, as quais apoiam a extremidade contra as rochas salientes, a fim de desviar a embarcação que ali corria o risco de se quebrar. Nessa manobra é preciso olhar rapidamente para as pedras escondidas na água, ter calma e agilidade para apoiar-se a tempo de evitá-las; uma audácia perfeita para não perder seu centro de gravidade, pois todo homem que cai nas águas das <italic>cachoeiras</italic> está perdido. No entanto, é retornando que os <italic>barqueiros</italic> se impõem a um trabalho que parece estar acima das forças humanas. Quando o barco transporta uma carga pesada e sua estrutura se eleva alguns dedos acima da água com dificuldade, é preciso descarregar embaixo da <italic>cachoeira</italic>, içá-la com a força dos braços e com a ajuda das cordas que estão presas nas árvores à margem, até a bacia superior; depois é necessário voltar para pegar a carga e transportá-la nas costas dos homens até o ponto onde colocaram a embarcação. Esse é um trabalho de Titãs, e ele demonstra não apenas uma força física rara, mas também uma paciência sobre-humana.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Les <italic>caxoeiras</italic> qu’il faut passer pour se rendre de Conceiçao au Para sont nombreuses. Il y en a quatre principalement fameuses: deux, celle de <italic>Sao Miguel</italic> et la <italic>caxoeira grande</italic>, sur l’Araguaya proprement dit, et deux autres, le <italic>Tauiry</italic> et l’<italic>Itaboca</italic>, au-dessous du point de jonction avec le Tocantins. C’est un peu en amont <italic>Sao Joao das duas Barras</italic> que les deux fleuves jumeaux mêlent leurs eaux ou plutôt coulent dans le même lit, sans se confondre. Pendant quinze ans ou vingt lieues, en effet, on voit se dérouler un long ruban liquide présentant deux nuances bien tranchées et séparées par une ligne nettement marquée. A droite, c’est le Tocantins, et l’Araguaya. C’est le <italic>Tauiry</italic> qui se charge de faire le mélange, brisant en mille morceaux ce courant imposant par sa masse et l’obligeant à s’émietter dans les multiples petits canaux qu’il leur offre comme unique issue. En bas de la <italic>caxoeira</italic>, c’est la confusion: chacun des deux fleuves ne peut plus retrouver son bien propre; il faut que l’une des deux individualités disparaisse et, bien qu’inférieur à son frère, c’est le Tocantins qui survit. C’est sous son nom que, pendant 7 à 800 Kilomètres, la masse des eaux s’écoule jusqu’à l’Océan.</td>
                  <td>São inúmeras as cachoeiras que é preciso passar para ir de Conceição ao Pará. Há quatro particularmente famosas: duas, a de <italic>São Miguel</italic> e a <italic>cachoeira grande</italic>, no Araguaia propriamente dito, e outras duas, a <italic>Tauirí</italic> e a <italic>Itaboca</italic>, abaixo do ponto de junção com o Tocantins. É um pouco rio acima de <italic>São João das duas Barras</italic> que os dois rios gêmeos misturam suas águas, ou melhor, fluem no mesmo leito, sem se confundirem. Durante quinze anos ou vinte léguas, de fato, vemos transcorrer uma longa fita líquida apresentando duas nuances bem delimitadas e separadas por uma linha claramente marcada: o Tocantins e o Araguaia. É o <italic>Tauirí</italic> que se encarrega de fazer a mistura, quebrando em mil pedaços essa corrente que imponente pela sua massa e obrigando-a a desintegrar-se nos múltiplos pequenos canais em que ele lhes oferece como única saída. Abaixo da cachoeira é a confusão: cada um dos dois rios não pode mais recuperar sua identidade própria; seria preciso que uma das duas individualidades desaparecesse e, embora inferior ao seu irmão, é o Tocantins que sobrevive. É sob o seu nome que, ao longo de 7 a 800 quilômetros, a massa das águas escoa até o Oceano.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Les difficultés matérielles de la navigation sur l’Araguaya et le Bas- Tocantins regardent surtout le pilote et les <italic>barqueiros</italic> qui en sont chargés. Le passager partage bien leurs dangers, car son sort est lié au leur; et, s’il arrive un accident, s’il y a un naufrage, il risque , autant des privations et ses fatigues, car il vit de la vie de ses hommes et, obligé de rester tout le jour assis ou couché sous une basse tente de feuillage sans pouvoir se lever debout ni presque se remuer, sa position n’est pas des plus agréables. Cependat, il n’est pas le plus à plaindre; si son immobilité lui pèse, le travail du <italic>barqueiro</italic> est bien autrement pénible. Ce qui met passager et équipage sur le pied de l’égalité, c’est la fièvre, la dyssenterie et les autres maladies dont le Bas-Tocantins est le foyer.</td>
                  <td>As dificuldades materiais da navegação sobre o Araguaia no Baixo Tocantins dizem respeito especialmente ao piloto e aos <italic>barqueiros</italic> encarregados. O passageiro compartilha os seus perigos, pois o seu destino está ligado ao deles; e, se acontecer um acidente, se houver um naufrágio, ele passa tantas privações e fadigas quanto eles pois vive a vida de seus homens e, obrigado a permanecer o dia todo sentado ou deitado sob uma tenda baixa de folhagem, sem poder ficar de pé ou sem quase se mover, sua posição não é das mais agradáveis. No entanto, não há lugar para queixar-se; pois se sua imobilidade lhe pesa, o trabalho do <italic>barqueiro</italic> é muito mais difícil. O que coloca passageiro e tripulante em pé de igualdade é a febre, a disenteria e outras doenças que se abrigam no Baixo Tocantins.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Après qu’on a passé la région des <italic>caxoeiras</italic>, on arrive bientôt à une localité appellée <italic>Areumatheua</italic>. C’est le point terminus d’un service de bateaux à vapeur qui relie ce petit centre comercial à la capitale du Para. Le pays est plat, élevé de quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, couvert presque partout de riantes forêts. Le fleuve coule paisiblement ses eaux dans un lit libre de tout obstacle. Dans ces conditions, la navigation devrait être, semble-t-il , une partie de plaisir pour les <italic>barqueiros</italic> comme pour les passagers. Erreur! C’est le pays de la fièvre pauledéenne par excellence.</td>
                  <td>Depois de passar pela região das cachoeiras, logo chegamos a uma localidade chamada <italic>Arenquembaua</italic>. É o ponto final de um serviço de barco a vapor que liga este pequeno centro comercial à capital do Pará. O local é plano, elevado apenas alguns metros acima do nível do mar, coberto em quase toda parte por agradáveis florestas. O rio corre pacificamente suas águas num leito livre de qualquer obstáculo. Nestas condições, a navegação deveria ser, aparentemente, um prazer tanto para os <italic>barqueiros</italic> quanto para os passageiros. Engano! Esta é a terra da malária por excelência.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Sur les bords du fleuve, on rencontre de temps en temps des maisons bâties à la manière des cités lacustres dont la géologie nous révèle l’existence. On a enfoncé dans le sol de gros troncs d’arbres, et, à une hauteur de 5 à 6 mètres quelquefois, on a établi un plancher; et c’est sur cette plateforme qu’on a construit la maison. Cest qu’on est au Para, au pays de l’eau. Le mot Para, qui entre dans la composition de tant de noms de fleuves au Brésil, est emprunté à la langue indienne et signifie l’eau par excellence, la mer – par conséquent, un grand fleuve, un pays inondé ressemblant à une mer. Pendant la saison des pluies, le Para proprement dit, la région des bouches de l’Amazone et du Tocantins est sous l’eau, et si ce n’était l’extrémité supérieure des arbres émegeant au dessus de la plaine liquide, on se croirait en pleine mer. Comme on ne trouve pas toujours des tertres assez élevés pour mettre les maisons à l’abri de l’inondation, on y supplée en les plantant, pour ainsi dire, sur des échasses. On recontre des fièvreux au-dessus des <italic>caxoeiras</italic> et dans presque toute la vallée de l’Araguaya. Mais nulle part, le mal ne sévit autant que dans la région inférieur du Tocantins à Areumatheua et au-dessous. C’est là que le Père Vilanova en contracta les germes; c’est là que chaque année, en venant se ravitailler, il renouvelait aussi sa provision de microbes; c’est là qu’il a fini par succomber. Il a suffi de sept années pour que ces terribles fièvres, périodiquement renouvelées, aient eu raison de sa robuste constituition. C’est à Areumatheua qu’est son tombeau.</td>
                  <td>Nas margens do rio, deparamo-nos de tempos em tempos com casas construídas ao estilo das cidades lacustres cuja geologia nos revela a existência. Foram afundados no solo grandes troncos de árvores, a uma altura de 5 a 6 metros algumas vezes, estabeleceu-se um piso; e nessa plataforma que a casa foi construída. Estamos no Pará, na terra das águas. A palavra Pará, que faz parte da composição de tantos nomes de rios no Brasil, é emprestada da língua indígena e significa água por excelência, o mar – portanto, um grande rio, um lugar inundado que lembra um mar. Durante a estação de chuvas, o Pará propriamente dito, a região da foz do Amazonas e do Tocantins fica submersa, e se não fosse pelas extremidades superiores das árvores que emergem acima da planície líquida, se acreditaria que estaríamos em pleno mar. Como nem sempre encontramos montículos suficientemente altos para erguer as casas livre das inundações, compensamos fincando-as, por assim dizer, sobre palafitas. Os doentes de febre são encontrados acima das <italic>cachoeiras</italic> e em quase todo o vale do Araguaya. Mas em nenhum lugar, o mal é mais presente do que na região de <italic>Arenquembaua</italic>, no baixo Tocantins, e abaixo. Foi aqui que o Padre Vilanova contraiu germes; foi aqui que todos os anos vindo se reabastecer, também renovava seu estoque de micróbios; foi aqui que ele finalmente sucumbiu. Foram necessários sete anos para que essas terríveis febres, periodicamente renovadas, assegurassem sua robusta constituição. Seu túmulo está em <italic>Arenquembaua</italic>.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>La ville de Santa Maria de Bélem, qu’on appelle aussi Para, du nom de l’Etat dont elle est la capitale, est une grande cité commerciale qui compte plus de cent mille habitants. Elle est située sur la rive droite du Guajara, dernier affluent du Tocantins avant qu’il se jette dans l’Océan, à 1º a peine au-dessous de l’Equateur. Elle est en relations suivies avec l’Europe par des paquebots anglais, allemands et italiens qui plusieurs fois par mois, y font escale. Elle ressemble tout à fait à nos grands ports de mer et, sauf certaines habitudes qui sont la conséquence forcée du climat, on y pourrait organiser sa vie comme en Europe.</td>
                  <td>A cidade de Santa Maria de Belém, também chamada de Pará, nome do Estado do qual é capital, é uma grande cidade comercial com mais de cem mil habitantes. Está localizada à direita da margem do Guajará, último afluente do Tocantins antes de desaguar no Oceano, inicialmente logo abaixo da Linha do Equador. A cidade mantém relações contínuas com a Europa através de transatlânticos ingleses, alemães e italianos, que várias vezes por mês fazem escala ali. Assemelha-se completamente aos nossos grandes portos marítimos e, exceto determinados hábitos que são consequência forçada do clima, ali se poderia organizar a vida como na Europa.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Dès son premier voyage au Para, en 1897, le Père Vilanova avait gagné les sympathies de tous; et, chaque fois qu’il y revenait, sa présence était signalée comme un événement. Tout le monde le connaissait; les ouvriers du port, qui aimaient ses yeux francs, largement ouverts, et sa démarche décidée; les enfants, qui venaient à lui et qu’il embrassait, en riant, au milieu de la rue, à la grande joie des mamans; les personnages officiels et les hommes politiques; les grands négociants, les magistrats; les journalistes, qu’il traitait avec un tact parfait et qu’il charmait autant par ses manières de bon religieux que par sa politesse d’homme bien élevé.</td>
                  <td>Desde sua primeira viagem ao Pará, em 1897, o Padre Vilanova ganhou a simpatia de todos; e, cada vez que retornava, sua presença era notada como um acontecimento. Todo mundo o conhecia; os trabalhadores portuários, que adoravam os seus olhos francos, e amplamente abertos, e a sua abordagem determinada; as crianças, que se aproximaram dele e a quem ele abraçava, rindo, no meio da rua, para grande alegria das mães; os funcionários e políticos; os grandes negociantes, os magistrados; os jornalistas, a quem ele tratava com perfeito tato e a quem encantava tanto pelos seus modos de bom religioso como pela sua polidez de homem bem-educado.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>En 1901, il descendit au Para avec un des ses confrères, et un jour celui-ci traversait un des quartiers populaires de la ville. Il portait son costume religieux, et en passant à côté d’un groupe de gamins, il enterdit l’un d’eux qui disait:</td>
                  <td>Em 1901, ele foi ao Pará com um de seus colegas, e um dia atravessava um dos bairros populares da cidade. Ele estava vestindo seu traje religioso e, ao passando ao lado de um grupo de crianças, ele ouviu um deles dizendo:</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>“Qu’est-ce que cette bête-là qui passe?”</td>
                  <td>“O que é essa criatura que está passando?’’</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Et un autre de lui répondre aussitôt, en lui administrant un coup de poing:</td>
                  <td>E um outro lhe responde imediatamente, dando-lhe um soco:</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>“Tais-toi. Ne vois-tu pas que c’est le compagnon de Frère Gil?”</td>
                  <td>“Cala a boca Você não vê que este é o companheiro do irmão Gil?”</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Le titre de compagnon de Frère Gil était le meilleur des passaports et la plus sûre de sauvergardes pour se faire respecter partout, même dans les quartiers habités par de pauvres gens, que ne retiennent ni le sens religieux, ni les principes de la bonne éducation.</td>
                  <td>O título de companheiro do irmão Gil era o melhor passaporte e a mais segura salvaguarda para se ter respeito em todos os lugares, mesmo nos bairros habitados por pessoas pobres, que não possuem nem o sentido religioso nem os princípios da boa educação.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Le Père Vilanova, pendant le temps qu’il passait au Para, longeait ordinairement au Séminaire du Carmo; et il payait largement, par le bien qu’il y faisait, l’hospitalité qu’il y recevait. Avec le consentement des maîtres et par le choix tout spontané des élèves, il prenait en main, pour ainsi dire, la direction spirituelle des âmes. C’est lui qui entendait les confessions, qui résolvait les cas difficiles. Bien que son action fût essentiellement passagère, elle n’en laissait pas moins des traces profondes, et il y a des âmes sacerdotales qui en ressentiront le bénéfice toute leur vie. Cet apostolat auprès des séminaristes était comme un dédommagement que lui ménageait la Providence au milieu des affaires matérielles qu’il avait à traiter et pour lesquelles il devait se donner beaucoup de mouvement.</td>
                  <td>O padre Vilanova, durante o tempo que ele passava no Pará, visitava normalmente o Seminário do Carmo; e ele pagava generosamente, pelo bem que ali lhe fazia, a hospitalidade que ele recebia. Com o consentimento dos mestres e por escolha totalmente espontânea dos alunos, ele assumia, por assim dizer, a direção espiritual das almas. É ele quem ouvia confissões, quem resolvia os casos difíceis. Apesar de sua ação ter sido essencialmente passageira, ele deixou marcas profundas, e há almas sacerdotais que sentirão seu benefício por toda a vida. Esse apostolado entre os seminaristas foi como uma compensação que lhe proporcionava a Providência em meio aos negócios materiais que teve que enfrentar e para as quais ele devia dar muito movimento.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Tant que M. Paes de Carvalho fut à la tête du gouvernement du Para, c’est-à-dire jusqu’en février 1901, le Père Vilanova put se faire ouvrir assez facilement les caisses du trésor public et y puiser largement. Il entrait dans les vues du Président de favoriser les œuvres comme la Catéchèse de Conceiçao, et les allocations qu’il fit voter par les Chambres pour le Père Vilanova finirent par s’élever à des sommes considérables. En 1900, elles figuraient au budget pour une cinquantaine de mille francs, et on en promettait autant pour l’exercice suivant. En outre, le Gouvernement ne se montrait pas avare de dons en nature et, à chaque voyage, le Père Vilanova en emportait des cargaisons considérables. En 1899, notamment, il obtint de M. Paes de Carvalho une petite chaloupe à vapeur. Il s’en promettait des merveilles pour les transports qu’il avait à faire par eau à Conceiçao. Il n’y avait pas à songer à l’employer pour les grands voyages au Para à cause des <italic>caxoeiras</italic>; mais dans la région du moyen Araguaya, elle pouvait, croyait-on, rendre les plus grands services. Il fallut se donner beaucoup de peine pour la faire arriver à destination. Elle fit naufrage dans les <italic>caxoeiras</italic> de l’Itaboca et resta un mois engagées dans des rochers d’où il fut impossible de la retirer jusqu’à la baisse des eaux. Enfin, on put se rendre compte de sa situation et de ce qu’il fallait faire pour renflouer. On fit sauter quelques quartiers de rochers, on la remit à flot et on finit par la conduire jusqu’à Conceiçao, où elle fut l’objet de l’admiration universelle. Mais tout se tient dans les choses de ce monde et, pour les utiliser, il ne faut pas trop les sortir de leur cadre. Les moyens d’action inventés par la civilisation ne donnent leur plein effet que dans un milieu approprié, et la petite chaloupe à vapeur, dont le Président du Para avait fait un cadeau à la Catéchèse, ne réalisa pas toutes les espérances qu’elle avait fait concevoir. Le charbon manquant, on ne pouvait la chauffer qu’au bois; et pour lui permettre de naviguer pendant quatre heures, il fallait la remplir entièrement du combustible nécessaire à son foyer et il ne restait plus de place pour autre chose. Et puis, les merveilles que produit l’industrie moderne ont des organes délicats et compliqués; et lorsqu’une pièce de la machine venait à se fausser, à se briser ou à se déranger, on était bien en peine à Conceiçao pour la réparer ou la remplacer. Un jour, en passant un <italic>travessao</italic>, l’hélice frappe contre une pierre et laisse au fond de l’eau une de ses ailes; quelque temps après, le même accident se reproduit et elle en perd une seconde. On tâcha de rendre à la pauvre percluse un peu de son pouvoir locomoteur en adaptant deux houes à la place des deux membres amputés. Le resultat fut tel, qu’on laissa la chaloupe à vapeur au repos jusqu’à ce qu’à son Voyage au Para, en 1901, le Père Vilanova put, à grands frais, en rapporter une hélice toute neuve.</td>
                  <td>Enquanto o Sr. Paes de Carvalho esteve à frente do governo do Pará, ou seja, até fevereiro de 1901, o Padre Vilanova conseguiu abrir facilmente os cofres do tesouro público e retirar fundos generosamente. Estava nos planos do Presidente favorecer obras como a Catequese de Conceição, e as alocações aprovadas pelas Câmaras para o Padre Vilanova acabaram chegando a quantias consideráveis. Em 1900, elas constavam no orçamento com cerca de cinquenta mil francos, e prometiam o mesmo para o exercício seguinte. Além disso, o Governo não economizava em doações em espécie, e a cada viagem, o Padre Vilanova retornava com grandes quantidades. Em 1899, especialmente, ele obteve do Sr. Paes de Carvalho um pequeno barco a vapor. Ele esperava usá-lo para os transportes fluviais em Conceição. Não seria adequado para grandes viagens até o Pará devido às <italic>cachoeiras</italic>, mas na região do médio Araguaia, acreditava-se que poderia prestar grandes serviços. Foi necessário muito esforço para levá-lo ao destino. Naufragou nas <italic>cachoeiras</italic> de Itaboca e ficou preso por um mês em rochas, das quais foi impossível retirá-lo até a baixa das águas. Finalmente, puderam avaliar sua situação e o que era necessário para resgatá-lo. Alguns pedaços de rocha foram explodidos, colocaram-no de volta na água e, finalmente, conseguiram levá-lo até Conceição, onde foi objeto de admiração universal. Mas tudo está contido nas coisas deste mundo e, para utilizá-las efetivamente, não se deve tirá-las muito de seu contexto. Os meios de ação inventados pela civilização só têm seu pleno efeito em um ambiente apropriado, e o pequeno barco a vapor, que o Presidente do Pará havia presenteado à Catequese, não realizou todas as esperanças que haviam sido concebidas. Com a falta de carvão, ele só poderia ser movido a lenha; e para permitir que navegasse por quatro horas, era preciso enchê-lo completamente com o combustível necessário para sua caldeira, não sobrando espaço para mais nada. Além disso, as maravilhas produzidas pela indústria moderna têm órgãos delicados e complicados; e quando uma peça da máquina se deformava, quebrava ou se desregulava, era difícil em Conceição consertá-la ou substituí-la. Um dia, ao atravessar um <italic>travessão</italic>, a hélice bateu em uma pedra e deixou uma de suas lâminas no fundo da água; algum tempo depois, o mesmo acidente se repetiu e ela perdeu uma segunda. Tentaram devolver um pouco de seu poder de locomoção à coitada, adaptando duas enxadas no lugar dos dois membros amputados. O resultado foi tal que deixaram o barco a vapor descansar até que, em sua viagem ao Pará, em 1901, o Padre Vilanova conseguiu trazer, a custo elevado, uma hélice completamente nova.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Dieu avait fait passer ses ouvriers, les fondateurs de Conceiçao, par les plus dures épreuves; ils avaient eu à souffrir de bien des manières et il leur devait un dédommagement. C’est à ce titre et comme récompense de leur patience que, tout d’abord, il leur ménagea, du côté du Gouvernement du Para, des ressources sur lesquelles ils ne comptaient pas ou du moins qu’ils n’espéraient pas si abondantes. Mais il n’entre pas dans les vues de Dieu que ses œuvres soient trop visiblement appuyées sur les moyens humains. Pour montrer qu’il dispose de cela comme du reste, il en ménage dans la mesure où il lui plaît, faisant arriver les ressources, quelquefois, quand on s’y attend le moins, et du côté qu’on n’espérait pas, les retirant lorsqu’on croyait pouvoir y compter et faisant évanouir les plus belles espérances. Il se réserve, du reste, de suppléer lui-même à ce qu’il retire, et, pourvu que la foi ne fléchisse pas chez ceux dont il se sert comme d’instruments, ses œuvres se maintiennent quand même. C’est ce qui fait la différence entre l’apostolat catholique et l’apostolat protestant. Pour ce dernier, l’argent est tout; et quand il vient à manquer, M. le Ministre plie bagage er s’en va. Le Missionnaire cherche bien, lui aussi, à se procurer des ressources matérielles, parce que ce serait tenter Dieu que de vouloir, de parti pris, s’en passer. Mais il sait se contenter de ce que la Providence lui ménage et, au besoin, suppléer par surcroît de dévouement à ce qui lui manque de côté des moyens humains. Tous ceux qui ont à faire l’ œuvre de Dieu doivent en passer par là, subir ces vicissitudes et faire entrer, pour une large part, dans leurs entreprises, la foi et confiance, l’abnégation et le sacrifice.</td>
                  <td>Deus havia submetido seus operários, os fundadores de Conceição, às mais difíceis provações; eles haviam sofrido de muitas maneiras e mereciam uma compensação. Foi por isso e como recompensa por sua paciência que, inicialmente, Deus providenciou recursos do lado do Governo do Pará, recursos sobre os quais eles não contavam, ou pelo menos não esperavam que fossem tão abundantes. No entanto, não está nos planos de Deus que suas obras se apoiem demasiadamente nos meios humanos. Para mostrar que Ele dispõe disso, assim como de tudo o mais, Ele concede recursos na medida que lhe apraz, fazendo com que cheguem às vezes quando menos se espera e retirando-os de onde se esperava, desfazendo as mais belas esperanças. Ele reserva a si mesmo a capacidade de suprir o que retira e, contanto que a fé não fraqueje naqueles que Ele usa como instrumentos, suas obras persistem mesmo assim. Isso é o que faz a diferença entre o apostolado católico e o apostolado protestante. Para este último, o dinheiro é tudo; e quando ele falta, o Ministro faz as malas e vai embora. O Missionário também procura obter recursos materiais, pois seria tentar Deus querer prescindir deles deliberadamente. No entanto, ele sabe contentar-se com o que a Providência lhe reserva e, se necessário, compensar com um excesso de devoção o que lhe falta do lado dos meios humanos. Todos aqueles que se dedicam à obra de Deus devem passar por isso, suportar essas vicissitudes e incorporar, em grande parte, em seus empreendimentos, a fé e a confiança, a abnegação e o sacrifício.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Dès le premier jour, le Père Vilanova l’avait experimenté et il n’était pas au bout.</td>
                  <td>Desde o primeiro dia, o Padre Vilanova havia experienciado isso e não tinha acabado.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Au commencement de 1901, M. Paes de Carvalho finit son temps de Président de l’État du Para et on preceda à élection de son successeur. Cette année-là, le pays passa par une crise économique vraiment désastreuse. L’une des richesses du Para, c’est la <italic>borracha</italic>, le caoutchouc. Les forêts du bassin des Amazones et du Bas-Tocantinns renferment en quantité prodigieuse l’<italic>hevea guyanensis</italic> et les autres arbres qui le produisent. Les <italic>seringueiros</italic>, les hommes qui font métier de le recueillir s’enfoncent dans les forêts, les explorent dans tous les sens, et, lorsqu’ils ont trouvé un endroit riche en arbres de cette espèce, ils y établissent leur campement et entreprennent de l’exploiter. Sans souci de l’avenir, ils coupent l’arbre lui-même pour en avoir tout le lait qu’ils recueillent dans un trou fait en terre. Après que le tronc a déversé tout son suc, on défume pour faire durcir et on a un gros pain de caoutchouc brut, de couleur noire, pesant plusieurs kilos. Différentes espèces d’arbres de la famille des <italic>heveas</italic> donnent la <italic>borracha</italic>. Jusqu’à ces derniers temps, le Brésil fournissait le monde de caoutchouc, ou du moins c’était à lui qu’on demandait la plus grosse part de ce qui entrait dans le commerce. Mais, comme chacun sait, le caoutchouc est devenu de nos jours d’un usage de plus en plus commun, et on en fait partout une consommation sans cesse grandissante. On a donc exploré les forêts de l’Afrique pour savoir si elles en produisaient et si on pouvait leur en demander. On a fini par en découvrir et le caoutchouc du Congo, bien qu’on le disse de qualité inférieure, n’a pas tardé à faire une concurrence redoutable à celui du Brésil.</td>
                  <td>No início de 1901, o Sr. Paes de Carvalho encerrou seu mandato como Governador do Estado do Pará e procedeu-se à eleição de seu sucessor. Nesse ano, o país enfrentou uma crise econômica verdadeiramente desastrosa. Uma das riquezas do Pará é a <italic>borracha</italic>, o látex. As florestas da bacia do Amazonas e do Baixo Tocantins contêm em abundância a <italic>hevea guyanensis</italic> e outras árvores que a produzem. Os <italic>seringueiros</italic>, homens que têm com profissão coletar a borracha, adentram as florestas, exploram-nas em todas as direções e, quando encontram um local rico em árvores dessa espécie, estabelecem acampamento e iniciam a exploração. Sem se preocupar com o futuro, cortam a própria árvore para extrair todo o látex, que é coletado em um buraco feito na terra. Após o tronco liberar todo o seu líquido, é defumado para solidificar, resultando em um grande bloco de borracha bruta, de cor preta, pesando vários quilos. Diferentes espécies de árvores da família das <italic>heveas</italic> produzem a <italic>borracha</italic>. Até recentemente, o Brasil fornecia a maior parte do látex para o mundo, ou pelo menos era a ele que se demandava a maior parcela do que entrava no comércio. No entanto, como todos sabem, o uso de borracha tornou-se cada vez mais comum nos dias de hoje, e sua demanda continua a crescer constantemente em todo o mundo. Então, explorou-se as florestas africanas para saber se produziam borracha e se podiam atender a essa demanda. Eventualmente, ela foi encontrada, e a borracha do Congo, embora considerada de qualidade inferior, não demorou a representar uma concorrência formidável àquela do Brasil.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Ce fut en 1901 que se firent sentir, au Para, les conséquences de cette concurrence. Elles furent telles qu’elles amenèrent une pertubartion profonde dans l’état économique du pays. Il y eut nombre de maisons de commerce qui firent faillite et les finances du Gouvernement, subissant le contre-coup de cet état de choses, se trouvèrent elles-mêmes en détresse.</td>
                  <td>Foi em 1901 que as consequências dessa concorrência começaram a ser sentidas no Pará. Elas foram tão impactantes que causaram uma profunda perturbação na situação econômica do país. Muitas empresas comerciais faliram, e as finanças do governo, sofrendo os efeitos desse estado de coisas, encontraram-se em apuros.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>La crise battait son plein lorsque le Père Vilanova arriva au Para au commencement de mars 1901. En prenant en main les rênes du gouvernement, le nouveau Président, M. Monténégro, trouvait le trésor à sec et se voyait dans la necessité de recourir à des expedients pour payer les employés de l’Etat et parer aux besoins les plus urgentes. Il accueillit avec bienveillance le Missionnaire, mais il ne lui cacha pas qu’il était agi seulement d’amener, par la persuasion, le Président du Para à s’intéresser à son œuvre, le Père Vilanova aurait pu compter sur la force entraînante de sa parole pour emporter son affaire d’assaut. Mais là n’était pas la difficulté puisque M. Monténégro était acquis d’avance à la cause de la Catéchèse. C’était la situation elle-même qu’il aurait fallu pouvoir changer, et à cela personne ne pouvait rien.</td>
                  <td>A crise estava em seu auge quando o Padre Vilanova chegou ao Pará no início de março de 1901. Ao assumir o comando do governo, o novo governador, o Sr. Montenegro, encontrou os cofres vazios e viu-se obrigado a recorrer a expedientes para pagar os funcionários do Estado e atender às necessidades mais urgentes. Ele recebeu o Missionário com benevolência, mas não escondeu que se tratava apenas de persuadir o Governador do Pará a se interessar por sua obra. O Padre Vilanova poderia contar com a força persuasiva de sua palavra para conquistar seu intento. No entanto, a dificuldade não residia nisso, pois o Sr. Montenegro já estava previamente comprometido com a causa da Catequese. Era a própria situação que teria de ser mudada, e sobre isso ninguém podia fazer nada.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Le Père Vilanova le comprit. Il n’en était pas moins cruellement déçu, étrangement déconcerté. L’année précédente, on lui avait accordé un large subside de 50.000 francs, on lui en avait formellement promis un autre d’égale importance pour l’année courante; comptant là-dessus, il était allé de l’avant et s’était engagé en conséquence. Et voilà que tout lui manquait à la fois, car ce n’était pas une diminution de crédit, c’était une suppression totale de secours qu’on lui annonçait.</td>
                  <td>O Padre Vilanova compreendeu isso. Mesmo assim, ele estava cruelmente desapontado, estranhamente desconcertado. No ano anterior, foi concedido a ele um subsídio generoso de 50.000 francos, e um segundo de igual importância foi formalmente prometido para o ano em curso; contando com isso, ele avançou e se comprometeu nesse sentido. E agora, de repente, tudo lhe faltava ao mesmo tempo, pois não era uma redução no crédito, mas a total supressão do auxílio que lhe estava sendo anunciada.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Suspendre le développement de son œuvre, maintenir purement et simplement le <italic>statu quo</italic>, en attendant des temps meilleurs, il s’y serait encore résigné. Mais c’était l’existence même de la Catéchèse qui était en cause, c’était l’anéantissement des résultats déjà obtenus, c’était le travail de cinq années perdu qu’il avait en perspective, et ce calice-là, il ne pouvait croire que Dieu lui demandât de le boire. Il passa quelques jours dans des angoisses poignantes, roulant dans son esprit toute sorte de projets pour sortir d’embarras. Pendant plusieurs jours, il resta enfermé au Séminaire, passant de longues heures devant le Saint-Sacrement ou se promenant fièvreusement, solitaire, dans la chambre qu’on lui avait donnée. Enfin, il prit sa résolution.</td>
                  <td>Suspender o desenvolvimento de sua obra, manter pura e simplesmente o <italic>status quo</italic>, aguardando tempos melhores, ele ainda teria se resignado. Mas era a própria existência da Catequese que estava em jogo, era o aniquilamento dos resultados já obtidos, era o trabalho de cinco anos perdido que ele tinha pela frente, e esse cálice, ele não podia acreditar que Deus lhe pedisse para beber. Ele passou alguns dias em angústias intensas, rolando em sua mente todo tipo de projetos para sair do impasse. Por vários dias, ele permaneceu trancado no Seminário, passando longas horas diante do Santíssimo Sacramento ou caminhando febrilmente, solitário, no quarto que lhe haviam dado. Finalmente, ele tomou sua resolução.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Pour subvenir aux plus pressants besoins, il recourt aux moyens qu’on emploie, en pareil cas, en France. Il obtint la permission de prêcher dans les diverses églises de la ville, d’y faire des conférences suivies de quêtes. Il y eut des fêtes de charité, une loterie, un concert. Les dames s’en mêlèrent, Mme Coudreau en tête. La presse de tous les partis prêta son concours. Bien des bourses étaient à sec, et ceux qui habituellement vivaient dans l’opulence se ressentaient cruellement de la gêne générale. Mais l’exemple vint de haut. L’ Evêque du Para, Mgr Antonio Brandao, fit un don qui, vu les circonstances, était presque princier. Les négociants inspectèrent leurs Vieux fonds de magasin et recueillirent bien des objets de peu de valeur pour eux-mêmes, mais précieux pour ceux auxquels ils étaient destinés. Bref, personne ne voulutadmettre que Frei Gil s’en retournât les mains vides et le cœur dans la peine. On ne put pas lui remettre l’équivalent de ce que le Gouvernement lui avait promis, mais il eut de quoi pourvoir aux plus pressants besoins, prendre patience et regarder l’avenir sans trop d’angoisses.</td>
                  <td>Para atender às necessidades mais urgentes, ele recorreu aos meios empregados em situações semelhantes na França. Obteve permissão para pregar nas diversas igrejas da cidade, realizar palestras seguidas de coletas. Houve festas de caridade, uma loteria, um concerto. As damas se envolveram, com a Sra. Coudreau à frente. A imprensa de todos os partidos prestou seu apoio. Muitas bolsas estavam vazias, e aqueles que normalmente viviam na opulência sentiam cruelmente os efeitos da dificuldade geral. Mas o exemplo veio de cima. O Bispo do Pará, Dom Antonio Brandão, fez uma doação que, dadas as circunstâncias, era quase principesca. Os comerciantes examinaram seus estoques antigos e reuniram muitos objetos de pouco valor para eles, mas preciosos para aqueles a quem eram destinados. Enfim, ninguém quis admitir que Frei Gil retornasse de mãos vazias e o coração pesaroso. Não foi possível entregar a ele o equivalente do que o governo havia prometido, mas ele teve o suficiente para atender às necessidades mais urgentes, ter paciência e olhar para o futuro sem demasiada angústia.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Cependant, tout en remerciant la Providence de lui avoir assuré, à l’avance, le pain quotidien pour toute l’année, il eut la pensée d’établir une instituition permanente ayant pour but de faire face aux besoins de l’avenir et de pourvoir d’une manière fixe et régulière à l’entretien de ses enfants d’adoption. Il prit modèle sur les œuvres de la Sainte Enfance et la Propagation de la Foi qui existent en France, avec enrôlement d’associés, cotisations régulières, une Direction et des cadres pour donner le mouvement. Les hommes les mieux posés consentirent à lui prêter leur concours. Les subventions de la charité privée, plus humbles, plus bénies de Dieu, suppléèrent dans une certaine mesure à celles que l’Etat ne fournissait plus. En 1902, elles s’élevèrent à la somme de 6.000 francs.</td>
                  <td>No entanto, enquanto agradecia à Providência por ter garantido, antecipadamente, o sustento diário para todo o ano, ele teve a ideia de estabelecer uma instituição permanente com o objetivo de enfrentar as necessidades do futuro e prover, de maneira fixa e regular, o sustento das crianças adotadas. Ele se inspirou nas obras da Sainte Enfance e da Propagation de la Foi que existem na França, com a adesão de associados, contribuições regulares, uma Direção e estrutura organizacional para dar andamento. Homens influentes concordaram em oferecer seu apoio. As subvenções da caridade privada, mais modestas, mais abençoadas por Deus, supriram em certa medida aquelas que o Estado não mais fornecia. Em 1902, essas subvenções totalizaram a quantia de 6.000 francos.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Mais si, à mesure qu’il grandit, l’enfant a le devoir d’alléger les charges que ses parentes s’imposent pour l’élever, et de pouvoir, par son propre travail, à une partie de sa subsistance, l’ œuvre de la Catéchèse, toute proportion gardée, avait une obligation analogue a remplir à l’égard de ses bienfaiteurs. Déjà, à Conceiçao, on cherchait bien à faire travailler les Indiens grands et petits, et à leur faire produire une partie de ce qui servait à leur alimentation. Mais cela ne suffisait pas, car outre les dépenses pour la nourriture, il y avait d’autres frais à faire pour leur entretien et cela pesait d’un poids très lourd dans le budget de la Catéchèse. Pour mettre dans le plateau des recettes quelque chose qui y fit contrepoids, le Père Vilanova commença, en attendant mieux, par recourir à l’industrie indienne elle-même. Il fit fabriquer par ses Sauvages des objets qui sont d’un usage courant parmi eux: des armes, arcs, flèches, lances, casse-têtes; des ornements, des bracelets en plumes, des objets de fantaisie, etc. Lors de son voyage au Para, en 1902, il emporta toute une cargaison de ces produits de l’art sauvage. La municipalité lui acheta le tout en bloc pour une somme de 2.500 francs.</td>
                  <td>No entanto, assim como uma criança, à medida que cresce, tem o dever de aliviar as cargas que seus pais assumem para criá-la e de contribuir, por meio de seu próprio trabalho, para parte de sua subsistência, a obra da Catequese, proporcionalmente, tinha uma obrigação semelhante para com seus benfeitores. Já em Conceição, buscava-se colocar os índios, grandes e pequenos, para trabalhar e produzir parte do que consumiam. Mas isso não era suficiente, pois além das despesas com alimentação, havia outros custos para sua provisão, pesando muito no orçamento da Catequese. Para equilibrar as receitas, o Padre Vilanova começou, enquanto esperava por algo melhor, a recorrer à própria indústria indígena. Ele fez com que seus Selvagens fabricassem objetos de uso comum entre eles: armas, arcos, flechas, lanças, cassetetes; ornamentos, pulseiras de penas, objetos de fantasia etc. Durante sua viagem ao Pará, em 1902, ele levou uma carga inteira desses produtos da arte indígena. A municipalidade comprou tudo de uma vez por uma quantia de 2.500 francos.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Ce n’était pourtant là encore qu’un expedient, et le problème d’une Catéchèse se suffisant à elle-même ne devait être résolu que le jour où elle pourrait faire figurer dans le budget de ses recettes quelque chose de plus consistant. Le Père Vilanova songea donc à des plantations à grands rendements et peu coûteuses comme entretien. Il n’avait que l’embarras du choix. Il s’arrêta à un des arbres qui donnent le caoutchouc, au <italic>maniçoba.</italic></td>
                  <td>No entanto, isso era apenas mais um expediente, e o problema de uma Catequese sustentando-se por si só somente seria resolvido no dia em que pudesse incluir no orçamento de suas receitas algo mais substancial. O Padre Vilanova, portanto, considerou plantações de alto rendimento e de baixo custo como meio de subsistência. Ele tinha muitas opções, mas escolheu uma das árvores que produzem borracha, a <italic>maniçoba</italic>.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>De tous les produits qui alimentent le commerce d’exportation au Para, c’est le caoutchouc qui tient de beaucoup la première place. Il y a quinze ans, il s’en exportait 15 millions de kilos par an au moins, répresentant une valeur de 100 millions de francs environ, et, depuis, la production est allée en augmentant constamment. Le pays, aux alentours de Conceiçao, dans un rayon d’une centaine de lieues, est riche en arbres à caoutchouc, et, sans se donner d’autre peine que celle de récolter ce que la nature produit spontanément, ou pouvait se procurer une source de revenus qui n’auraient pas été à dédaigner. Mais on devine que le métier de <italic>seringueiro</italic>, de chercheur de caoutchouc, ne cadre guère avec le système adopté pour la Catéchèse. Les civilisés qui exploitent le caoutchouc sont obligés de s’enfoncer dans les forêts, d’y vivre pendant des mois d’une vie qui ressemble fort à la vie sauvage et de prendre à leurs Indiens. Il n’y avait qu’un Moyen de résoudre la dificulté, c’était d’implanter à Conceiçao même l’arbre à caoutchouc, de mainière à l’avoir sous la main et en faire l’objet d’une culture rationnelle et méthodique.</td>
                  <td>De todos os produtos que alimentam o comércio de exportação no Pará, a borracha ocupa de longe o primeiro lugar. Há quinze anos, exportavam-se pelo menos 15 milhões de quilos por ano, representando um valor de cerca de 100 milhões de francos, e desde então, a produção tem aumentado constantemente. A região ao redor de Conceição, em um raio de cerca de cem léguas, é rica em árvores de borracha, e, sem muito esforço além da colheita do que a natureza produz espontaneamente, poderiam obter uma fonte de receita que não seria negligenciável. No entanto, o ofício de <italic>seringueiro</italic>, de coletor de borracha, dificilmente se encaixava no sistema adotado para a Catequese. Os civilizados que exploram a borracha são obrigados a adentrar as florestas, viver lá por meses de uma vida que se assemelha muito à vida selvagem, e contar com os indígenas. Havia apenas uma maneira de resolver a dificuldade, que era plantar a árvore da borracha em Conceição, de modo a tê-la à disposição e torná-la objeto de uma cultura racional e metódica.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Or, parmi les arbres à caoutchouc, il en est un, le <italic>maniçoba</italic>, qui se prête à ce genre de culture; on peut le planter et d’exploiter à manière des pins, d’où on extrait la résine. Il suffit de faire une entaille au tronc, et l’arbre laisse couler une partie de sa sève tout en gardant assez pour vivre et pour continuer à élaborer son mystérieux produit. L’année suivante, on peut le saigner de nouveau et il ne se lasse pas de prodiguer le sang de ses vaines à ceux qui viennent le lui arracher. La vie abonde dans ces pays voisins de l’équateur et les arbres y poussent avec une rapidité merveilleuse. Au bout de cinq ans, le <italic>maniçoba</italic> a déjà plus sève qu’il ne lui en faut pour vivre et on peut commencer à prélever sur son superflu.</td>
                  <td>Entre as árvores de borracha, há uma, a <italic>maniçoba</italic>, que se presta a esse tipo de cultura; pode ser plantada e explorada de maneira semelhante aos pinheiros, de onde se extrai a resina. Basta fazer um corte no tronco, e a árvore libera parte de sua seiva, mantendo o suficiente para viver e continuar a elaborar seu misterioso produto. No ano seguinte, pode ser sangrada novamente, e ela não se cansa de prodigalizar o sangue de suas veias para aqueles que vêm arrancá-lo. A vida abunda nessas regiões próximas do equador, e as árvores crescem com uma rapidez maravilhosa. Em cinco anos, a maniçoba já tem mais seiva do que precisa para viver, e pode-se começar a colher o excedente.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Le Père Vilanova entreprit donc de faire dans le voisinage de Conceiçao de grandes plantations de <italic>maniçoba</italic>. Il se proposait de les faire exploiter par ses Indiens et d’en vendre les produits chaque année au Para. Le travail se ferait ainsi sous les yeux des missionnaires et, avec le temps, Dieu aidant, la Catéchèse trouverait là un des moyens qui devaient lui permettre de se suffire à elle-même. Ce ne fut qu’en 1903 que le Père Vilanova put mettre son projet à exécution. Il se procura une quantité énorme de semences. Mais, soit qu’elles fussent avariées, soit que les semailles eussent été faites dans de mauvaises conditions, le premier essai ne réussit pas. Un second fut plus heureux et, avec le temps, il sera facile de multiplier les jeunes plantes que l’on est parvenu à acclimater. <italic>Alius est qui seminat, alius est qui metit</italic>, celui qui a planté ne sera plus là pour récolter. Mais ce n’était point pour lui même que le semeur travaillait et, pour qu’il eût pleine satisfaction, il lui suffisait que son œuvre, un jour ou l’autre, recuellît le fruit de son labeur.</td>
                  <td>O Padre Vilanova, então, empreendeu a tarefa de estabelecer grandes plantações de <italic>maniçoba</italic> nas proximidades de Conceição. Ele pretendia tê-las exploradas por seus índios e vender os produtos anualmente no Pará. O trabalho seria realizado sob os olhos dos missionários e, com o tempo e a ajuda de Deus, a Catequese encontraria aí um dos meios que a permitiria sustentar-se por si só. Somente em 1903 o Padre Vilanova pôde colocar seu projeto em prática. Ele adquiriu uma quantidade enorme de sementes. No entanto, seja porque estivessem estragadas ou porque as semeaduras fossem feitas em condições desfavoráveis, a primeira tentativa não foi bem-sucedida. Uma segunda tentativa foi mais bem-sucedida, e com o tempo, será fácil multiplicar as mudas que foram aclimatadas. <italic>Alius est qui seminat, alius est qui metit,</italic> um planta, outro colhe; aquele que plantou não estará mais aqui para colher. Mas o semeador não trabalhava para si mesmo, e para ter plena satisfação, bastava-lhe que sua obra, mais cedo ou mais tarde, colhesse os frutos de seu trabalho.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Ce n’était pas tout de faire de belles plantations et il aurait servi de peu de ramasser de gros stocks de caoutchouc si on n’avait pas eu les moyens de les transporter au Para et de les écouter. En pareil cas, si on veut tirer d’une enterprise tous les bénéfices qu’elle comporte, il est bon d’avoir un outillage à soi, car, en recourant à des intermédiaires, on se crée des servitudes, on garde pour soi la grosse part des ennuis, des risques, du travail même et on n’a que la moindre part dans les profits. C’est pourquoi le Père Vilanova voulait que la Catéchèse eût non seulement ses plantations, mais enconre ses moyens de transport, qu’elle exploitât elle-même son caoutchouc et qu’elle en ménageât directement l’écoulement sur la place du Para, en un mot, qu’elle fit elle-même ses transactions, sans inrtermédiaires, vendant elle-même ses produits et achetant elle-même ce dont elle avait besoin pour ravitailler. Cest dans ce but qu’il créa une flottille composée de trois <italic>bateloes,</italic> gros bateaux pouvant porter de 12 à 15.000 kilos de marchandises, et de deux igarités, embarcations d’un tonnage moitié moindre.</td>
                  <td>Não bastava apenas criar belas plantações; seria de pouco proveito acumular grandes estoques de borracha se não houvesse meios de transportá-los para o Pará e vendê-los lá. Em tais casos, se quisermos obter todos os benefícios que uma empresa oferece, é bom ter uma infraestrutura própria, pois ao recorrer a intermediários, criamos dependências, reservamos para nós a maior parte dos problemas, riscos, até mesmo do trabalho, e temos apenas uma pequena parte dos lucros. Portanto, o Padre Vilanova queria que a Catequese não apenas tivesse suas plantações, mas também seus meios de transporte, que ela mesma explorasse sua borracha e gerenciasse diretamente sua comercialização no mercado do Pará, em outras palavras, que ela mesma realizasse suas transações, sem intermediários, vendendo seus próprios produtos e comprando o que precisava para se reabastecer. Com esse objetivo, ele criou uma frota composta por três <italic>batelões</italic>, grandes barcos capazes de transportar de 12 a 15.000 quilos de mercadorias, e dois igarités, embarcações com metade da tonelagem.</td>
               </tr>
               <tr align="left" valign="top">
                  <td>Ce fut en 1903 qu’il descendit au Para, pour la première fois, avec ses bâtiments. Ses plantations de <italic>maniçoba</italic> sortaient à peine de terre ou n’existaient même pas encore et, de ce chef, il n’avait rien à transporter. Il eut donc l’idée de se constituer un chargement avec le caouctchouc que les gens du pays avaient ramassé, de le vendre lui-même au Para et de rapporter à Conceiçao une cargaison d’objets de première necessité. Il était sur une pente dangereuse, et bien que ses intentions fussent excellentes, bien qu’en réalité ses combinaisons fussent avantageuses pour tout le monde, il craignit de faire fausse route et d’en arriver au commerce proprement dit, c’est-à-dire à des pratiques défendues par l’Eglise. Il prit Conseil, exposa son cas aux Supérieus majeurs et, avant de s’engager à fond, se promit de régler sa conduite sur leur décision. Elle ne pouvait être douteuse. Faire travailler ses Indiens, les employer à exploiter ses plantations, leur en faire transporter les produits au Para et les y vendre aux meilleures conditions possibles, se servir des bénéfices qu’on en retirerait pour se procurer, à meilleur compte, les objets dont on avait besoin et qu’on rapporterait avec soi à Conceiçao. Il n’y avait là rien que de légitime. C’était l’œuvre de la Catéchèse qui, dans la personne de son chef et de ses membres, cherchait à retirer de son travail, pour sa subsistance, un honnête profit. Mais étendre au-delà de ces limites ces sortes de spéculations, acheter le caoutchouc des gens de Conceiçao pour le vendre au Para, c’était s’engager dans la voie des opérations commerciales défendues par l’Eglise à ses prêtres et à ses missionnaires surtout. Et puis, c’était s’exposer à bien des désagréments du côté de l’opinion publique. Il ne fut pas nécessaire d’une longue expérience pour s’en rendre compte. Le Père Vilanova mit donc ses bateaux à l’ancre en attendant que ses <italic>maniçobas</italic> lui donnassent assez de lait pour en former les lourdes cargaisons qu’il rêvait. Hélas! l’histoire de la laitière et du pot au lait trouve son application pratique dans tous les temps et dans tous les pays. Avant que ces espérances devinssent des réalités, la mort vint couper court à tous les rêves et le Père Vilanova, en disparaissant dans la tombe, laissa à d’autres le soin de poursuivre son projet et d’utiliser, s’il y avait lieu, sa flotille de <italic>bateloes.</italic></td>
                  <td>Foi em 1903 que ele desceu para o Pará, pela primeira vez, com suas embarcações. Suas plantações de <italic>maniçoba</italic> mal tinham saído do chão ou ainda nem existiam, e, por esse motivo, ele não tinha nada para transportar. Então, teve a ideia de formar uma carga com a borracha que os habitantes locais haviam coletado, vendê-la pessoalmente no Pará e trazer de volta para Conceição um carregamento de itens essenciais. Ele estava em uma encruzilhada perigosa, e embora suas intenções fossem excelentes, embora suas combinações fossem vantajosas para todos, ele temia estar tomando o caminho errado e chegar ao comércio propriamente dito, ou seja, a práticas proibidas pela Igreja. Ele consultou, expôs seu caso aos superiores maiores e, antes de se comprometer totalmente, prometeu ajustar sua conduta de acordo com a decisão deles. Não poderia haver dúvida. Fazer seus índios trabalharem, empregá-los na exploração de suas plantações, fazer com que transportem os produtos para o Pará e vendê-los lá nas melhores condições possíveis, usar os lucros obtidos para adquirir a preços mais baixos os itens necessários e trazê-los de volta para Conceição. Não havia nada de ilegítimo nisso. Era o trabalho da Catequese que, por meio de seu líder e membros, buscava obter um ganho honesto com seu trabalho para sua subsistência. No entanto, expandir essas especulações além desses limites, comprar a borracha das pessoas de Conceição para vendê-la no Pará, era embarcar na via das operações comerciais proibidas pela Igreja para seus padres e missionários, especialmente. Além disso, era se expor a muitos inconvenientes do lado da opinião pública. Não foi necessário uma longa experiência para perceber isso. O Padre Vilanova, então, ancorou seus barcos, aguardando que suas <italic>maniçobas</italic> lhe dessem leite suficiente para formar as pesadas cargas que ele sonhava. Infelizmente, a história da leiteira e do pote de leite encontra sua aplicação prática em todos os tempos e lugares. Antes que essas esperanças se tornassem realidade, a morte interrompeu todos os sonhos, e o Padre Vilanova, ao desaparecer no túmulo, deixou aos outros o encargo de dar continuidade ao seu projeto e de usar, se necessário, sua frota de <italic>batelões.</italic></td>
               </tr>
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         </table>
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         <title>Referências</title>
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            <mixed-citation>Gallais, E. (1906). Chapitre XII - Les voyages au Para. In Gallais, E. <italic>Um missionnaire chez les sauvages de l’Araguya au Brésil: Le P. Gil Vilanova, des frères prêcheurs</italic>. Privat.</mixed-citation>
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                     <surname>Gallais</surname>
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               <year>1906</year>
               <chapter-title>Chapitre XII - Les voyages au Para</chapter-title>
               <person-group person-group-type="author">
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                     <surname>Gallais</surname>
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               <source>Um missionnaire chez les sauvages de l’Araguya au Brésil: Le P. Gil Vilanova, des frères prêcheurs</source>
               <publisher-name>Privat</publisher-name>
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